Elan se défend contre l'OPA de Royalty Pharma en musclant son dividende

le 05/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le laboratoire irlandais juge peu «crédible» l'offre de Royalty Pharma. Mais il propose de reverser en cash 20% des redevances à venir sur Tysabri

La direction d’Elan a beau assurer que cela n’a aucun rapport, l’annonce d’un nouveau plan d’intéressement de ses actionnaires ressemble fort à une pilule empoisonnée contre la tentative d’OPA lancée par Royalty Pharma. Initialement, afin de reverser à ses actionnaires une partie du produit de la cession des droits de son médicament Tysabri à son partenaire américain Biogen, le laboratoire pharmaceutique irlandais proposait de racheter ses propres actions pour un milliard de dollars. Le groupe renonce finalement à ce projet: il envisage désormais de redistribuer à ses actionnaires sous forme de dividende 20% des futures redevances qu’il percevra sur Tysabri.

Cette redistribution ne répond pas spécifiquement à l’attaque de Royalty Pharma, assure Kelly Martin, le directeur général d'Elan. D’ailleurs selon lui, le groupe pense «que l'approche de Royalty n’est pas crédible», affirmant au passage que «la majeure partie de notre base d'investisseurs ne considère même pas que l'approche de Royalty mérite d'être discutée.» Elan n’a toutefois pas échangé sur ce point avec le laboratoire américain Johnson & Johnson, qui possède 18% de son capital. Il n’a également tenu aucune négociation avec Royalty Pharma.

La direction d’Elan compte donc rester sur sa position: céder ses droits sur Tysabri, empocher un peu plus de 3,25 milliards de dollars en cash en plus des redevances sur le médicament, et réaliser de nouvelles acquisitions, notamment dans les biotechnologies, afin de revigorer la croissance du groupe. Le groupe se dit prêt à viser des entreprises d’une valeur de plus d’un milliard de dollars.

C’est cette stratégie que conteste Royalty Pharma. Le groupe américain, spécialisé dans la gestion de droits sur les médicaments, estime que la direction d’Elan a peu d’expérience dans les acquisitions. Une lacune d’autant plus risquée qu’actuellement les actifs de qualité sont rares ce qui tire les prix à la hausse. Se disant surprise du commentaire de Kelly Martin, la direction de Royalty Pharma a réaffirmé le caractère «sérieux» de son offre. Le marché, lui, en voudrait plus. A New York, l’ADR Elan cote toujours au-dessus du prix de 11 dollars proposé par Royalty Pharma.

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