Le groupe familial Atalian accroît sa flexibilité pour se renforcer à l’international

le 16/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La récente levée obligataire de 250 millions d’euros du spécialiste des services externalisés fera passer le coût global de sa dette de 8,5% à 6%

Atalian profite de la profondeur du marché obligataire pour refinancer et diversifier sa dette. Sa filiale La Financière Atalian a bouclé la semaine dernière une levée obligataire de 250 millions d’euros à échéance 2020. Le taux nominal annuel de 7,25% «constitue le taux le plus bas depuis 2007 pour une première émission à haut rendement par une société privée corporate française», relève le groupe français, spécialisé dans les services externalisés aux entreprises (sécurité, gestion technique des bâtiments, accueil, transport, espaces verts…).

Employant 55.000 personnes, l’entreprise familiale, forte de 25.000 clients, a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros, dont 13% à l’étranger. Sa marge brute d’exploitation tourne autour de 6%. Ces obligations, cotées en Irlande sur le «Global Exchange Market», ont été notées «B» par S&P, l’agence de crédit a attribué au groupe la note «B+», assortie d’une perspective stable.

Le succès de ce placement privé, mené par Credit Suisse, Crédit Agricole et Société Générale, offre à Atalian une marge de manœuvre supplémentaire pour poursuivre son développement en Europe centrale et dans certains pays émergents (Liban, Maroc, Emirats Arabes Unis…).

«Notre politique de croissance externe à l’international, qui repose sur des petits tickets d’entrée, consiste généralement à reprendre 51% du capital d’acteurs locaux auxquels nous apportons un appui financier en échange de leur connaissance du marché», explique Franck Julien, président du directoire et petit-fils du fondateur.

Souscrite par 125 investisseurs institutionnels français et européens, cette émission obligataire «va faire passer le coût global de la dette du groupe de 8,5% à 6%», souligne le directeur général des Finances Loïc Evrard. Atalian avait obtenu en juin 2009 un financement bancaire senior de 225 millions d’euros, complété par un crédit mezzanine de 90 millions.

Le groupe avait ainsi pu racheter Eurogem, filiale d’Icade dans l’ingénierie de services, ainsi que les activités de nettoyage industriel de Veolia. Atalian, qui respecte ses covenants financiers, vise à l’horizon 2014 un ratio d’endettement net sur excédent brut d’exploitation compris entre 3,5 et 4, contre un niveau actuel légèrement inférieur à 4,5.

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