Saint-Gobain cède Verallia par appartements

le 15/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe vend le pôle américain à l'irlandais Ardagh pour 1,3 milliard d’euros

Saint-Gobain vend Verallia North America à l'irlandais Ardagh pour 1,3 milliard d’euros. Illustration L'Agefi.

A défaut de tenter une nouvelle introduction en Bourse de son pôle conditionnement Verallia, après l’échec de juin 2011, Saint-Gobain préfère tirer parti des valorisations actuelles élevées des actifs américains. Le groupe vend Verallia North America à Ardagh pour une valeur d’entreprise de 1,69 milliard de dollars (1,27 milliard d’euros), dont 225 millions d’euros de dette nette. Conseillé par Citi, le groupe irlandais basé au Luxembourg a signé une offre d’achat ferme et irrévocable.

Le prix offert valorise la société 1,06 fois son chiffre d’affaires et 6,5 fois son Ebitda 2012 (environ 261 millions de dollars). Un prix «décent» pour le courtier Davy, et «raisonnable» selon Kepler. «De très bonnes conditions, supérieures à ce qui était envisagé lors du projet de mise en Bourse de 2011», souligne Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain. A l’époque, le multiple ressortait entre 5,8 et 6,4 fois. Saint-Gobain dégagera ainsi une plus-value après impôt supérieure à 600 millions d’euros. La vente devrait être finalisée d’ici six à neuf mois.

Pour 2012, Verallia North America anticipe un chiffre d’affaires de 1,6 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) et un résultat d’exploitation de 171 millions de dollars (128 millions d’euros), soit une marge de 10,5%. «Un plus haut historique», a déclaré le PDG de Saint-Gobain. Au premier semestre 2012, Verallia affichait une marge de 10,8%. Ainsi, Verallia North America a presque rattrapé le niveau de marge de la société, grâce à la restructuration engagée par Saint-Gobain. En effet, au premier semestre 2011, Verallia affichait une marge de 12,4%, mais de seulement 9,9% pour ses activités américaines.

En 2011, Verallia a pesé 8,6% du chiffre d’affaires de Saint-Gobain, mais 13% du résultat d’exploitation, avec une marge de 12,3%. Verallia North America pèse un tiers de l’activité et du résultat d’exploitation de Verallia.

En outre, Saint-Gobain pourra réduire sa dette nette, qui était de 9,8 milliards d’euros fin juin, mais aussi poursuivre sa politique d’acquisitions de petite ou moyenne taille, notamment celles qui «ont été gelées avec le profit warning de juillet», note Kepler. Une flexibilité financière qui aidera le groupe à se maintenir en catégorie investissement. En octobre dernier, Standard & Poor’s avait attribué une perspective négative à la note «BBB» de Saint-Gobain, comme Moody’s le mois suivant. Sur une base pro-forma, cette cession «permettrait de réduire le ratio dette nette sur Ebitda sous 1,7», note Davy, tablant sur un ratio de 1,9 fin 2012 avec une dette nette de 8,2 milliards.

Quant aux autres activités de Verallia, principalement en Europe de l’Ouest et de l’Est, mais aussi en Amérique latine et en Algérie, elles devraient rester provisoirement dans le giron de Saint-Gobain. Pierre-André de Chalendar a rappelé qu’une cession, une IPO, ou une entrée d’investisseurs financiers dans cette activité était toujours envisagée. Il aurait été plus simple qu’Ardagh rachète l’intégralité de Verallia. Mais, avec le rachat aujourd’hui du numéro deux des bouteilles et pots en verre aux Etats-Unis, après l’acquisition d'Anchor Glass cet été, le groupe irlandais a préféré se concentrer sur le marché américain, où il va disposer de fortes synergies.

Saint-Gobain vend Verallia North America à l'irlandais Ardagh pour 1,3 milliard d’euros. Illustration L'Agefi.
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Saint-Gobain vend Verallia North America à l'irlandais Ardagh pour 1,3 milliard d’euros. Illustration L'Agefi.

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