Deloitte perce dans le conseil en stratégie grâce au rachat de Monitor

le 15/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En France, la reprise du cabinet américain en faillite se traduit par l'arrivée d'une trentaine de consultants

Avec Monitor, Deloitte digère l’échec du projet de reprise du cabinet Roland Berger, fin 2010. Pour renforcer son activité de conseil en stratégie, le deuxième groupe mondial d’audit a été autorisé vendredi à racheter l’américain Monitor. Mis en faillite, ce dernier a pâti d’un manque de diversification et de prestations controversées pour l’ancien régime libyen.

«En France, cette opération nous permet de nous renforcer sur la partie amont du ‘consulting’ alors que nous étions surtout présents dans le conseil en organisation, systèmes d’information, capital humain, transactions et risques, explique Christian Chattey, associé responsable du conseil chez Deloitte France. 35 personnes nous rejoignent, dont les 26 consultants et les cinq associés parisiens ». Deloitte comptait jusqu’à présent 480 consultants en France, dont seulement une demi-douzaine dans le conseil en stratégie.

Sur les 250 millions de dollars de chiffre d’affaires de Monitor, « nous avons réalisé en France de l’ordre de 10 millions d’euros l’an dernier», affirme Nitin Chaturvedi, patron de l’activité à Paris. Celui-ci devient le responsable local de la nouvelle marque de conseil en stratégie Monitor Deloitte. «Nous sommes spécialisés dans les sciences de la vie, la pharmacie et les biens de grande consommation, avec une approche liée aux stratégies de croissance et d’innovation, au marketing et aux politiques de prix. Nos clients sont surtout des groupes internationaux, américains ou français, par exemple des laboratoires pharmaceutiques», précise Nitin Chaturvedi. Difficile de savoir si tous lui resteront fidèles. D’autant que «pour les clients de Monitor dont nous auditons les comptes, nous devrons bien entendu faire un choix entre les deux prestations, concède Christian Chattey, mais ces cas de figures sont très minoritaires».

Au-delà d’éventuels conflits d’intérêts, Deloitte ne craint pas la future réforme européenne de l’audit qui visait, initialement, à limiter le poids du conseil au sein des cabinets pluridisciplinaires. Alors que le conseil représente environ 10 % des revenus en France (853 millions d’euros au total sur l'exercice clos fin mai 2012), «Monitor ne modifie pas fondamentalement notre taille mais nous permet de faire un pas de plus vers un doublement de l'activité (par rapport à 2010, ndlr)», déclare Christian Chattey. Il vise 120 millions d’euros de chiffre d’affaires «dans deux à quatre ans».

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