Les entreprises américaines se ruent vers la dette obligataire

le 10/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les volumes records d'émissions s'expliquent par la volonté de financer le versement de dividendes dès fin 2012 avant la probable hausse de leur taxation

Le marché obligataire attire aujourd’hui les émetteurs américains comme l’or les aventuriers vers le grand Ouest au 19e siècle. Cette nouvelle ruée accompagne les besoins de financement de sociétés soucieuses de contenter leurs actionnaires en dividendes dès cette fin d’année, avant que les négociations autour du «mur budgétaire» aux Etats-Unis n’entraînent vraisemblablement une nette progression du taux d’imposition de cette rémunération du capital. La course aux dividendes exceptionnels et anticipés va ainsi de pair outre-Atlantique avec celle aux émissions obligataires.

Ces dernières atteignent des sommets historiques. Jusqu’à dépasser le seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars depuis le début de l’année (jusqu’à jeudi dernier, le 6 décembre) sur le segment des émetteurs notés en catégorie investisseurs, selon Dealogic, à 1.012 milliards précisément. Un montant en hausse de 25% par rapport aux émissions de 2011 sur la même période et supérieur au précédent plus haut de 990 milliards enregistré en 2009.

Surtout, ce dynamisme trouve sa source dans un féroce appétit de la part des émetteurs non financiers, les corporates, dont les émissions ont bondi d’une année sur l’autre de 38% à 69 milliards de dollars. Ces émetteurs creusent l’écart avec le groupe des institutions financières pour représenter deux tiers des volumes cette année, à 68%, 16 points de mieux que l’an passé selon Dealogic (et contre une moyenne mensuelle de 38% depuis 2009 selon les stratégistes crédit de Bank of America-Merrill Lynch). En termes de nombre d’opérations observées, 2012 se révèle pour l’instant avec 838 émissions (+12% par rapport à 2011) l’année la plus active depuis 2005 (876 opérations). En parallèle, les émissions des sociétés financières ont progressé de 3% seulement en volume (320 milliards), pour un nombre d’opérations en recul de 14% à 1.450 unités.

Cette ruée vers le marché obligataire a gagné en intensité en novembre, avec un volume de 77 milliards de dollars côté corporates selon les stratégistes de BoA. Et début décembre, sur les seuls trois premiers jours de la semaine passée, il aurait atteint 21 milliards.

Depuis le début de l’année, JPMorgan mène la danse selon Dealogic parmi les arrangeurs des émissions obligataires investment grade aux Etats-Unis, avec une part de marché de 14,8%, suivie par BoA (11,5%) et Citigroup (10,9%).

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