Nyse Euronext présente enfin son projet de Bourse pour les PME ETI

le 06/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Place salue très largement cette annonce, mais reste très attentive à la gouvernance et au budget de cette nouvelle structure

Nyse Euronext présente enfin son projet de Bourse pour les PME ETI. Photo: PHB/Agefi

A l’occasion de sa conférence annuelle du marché boursier, Nyse Euronext a pour la première fois dévoilé ses intentions sur la Bourse de l’Entreprise, alors qu’elle promettait de parler seulement lors du Haut Comité de Place. De fait, la tension montait depuis quelques jours, alors que MiddleNext a officiellement demandé à Bercy d’agir rapidement. 

Une tension palpable hier dans le discours de Dominique Cerutti, directeur général adjoint de Nyse Euronext, lors de la présentation de son projet «très ambitieux» pour les PME ETI.

L’entreprise de marché propose de créer une filiale dédiée avec un compte d’exploitation et des ressources humaines propres.

Le conseil d’administration comportera de 12 à 15 membres, dont 50% représenteront l’écosystème. Dominique Cerutti n’exclut pas que le président soit issu de Nyse Euronext. Un comité utilisateurs accompagnera ce conseil. L’entité sera dotée d’un budget annuel de 18 millions d’euros, soit une augmentation de 15% par rapport aux fonds alloués actuellement, et de 50 personnes, dont 10 embauchées dès 2013.

En outre, Nyse Euronext s’engage à réduire de 10% ses frais de cotation et de 50% ses frais de transfert vers Alternext, actuellement autour de 19.000 euros. «Nous saluons cette annonce, qui vient au terme de trois ans de combat, confie Caroline Weber, directrice générale de MiddleNext. Nous attendons maintenant de voir la mise en œuvre et serons particulièrement attentifs à la gouvernance et au budget alloué».

Cette déclaration «marque un premier pas, se félicite pour sa part Bernard Cohen-Hadad, président de la commission financement de la CGPME. Toutefois, cette avancée doit se concrétiser sur le terrain et se verra au nombre de sociétés entrant en Bourse. Dans le passé, beaucoup de déclarations n’ont pas été suivies d’effets».

Ce projet «va dans le bon sens et permet d’identifier les moyens alloués, ajoute Bertrand de Saint Mars, délégué général adjoint de l’Amafi. Il faut maintenant discuter collectivement le contenu exact de chaque point, notamment sur la gouvernance, qui doit associer investisseurs, émetteurs et intermédiaires». Une gouvernance qui «doit être ouverte à toutes les entreprises, les cotées et celles qui comptent rejoindre la Bourse», poursuit Bernard Cohen-Hadad.

Ce projet sera discuté la semaine prochaine à Bercy au cours d’une réunion de Place. Un Haut comité de Place pourrait être réuni dans la foulée, voire début janvier.

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