Enel sort du projet de l'EPR de Flamanville et solde ses comptes avec EDF

le 05/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe, qui détient 12,5% du projet, va percevoir 613 millions d'euros. EDF a souffert en Bourse après l'annonce d'un nouveau surcoût

Enel a concrétisé hier la prévision faite la veille par le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, après l'annonce par l'électricien français d'un surcoût de deux milliards d'euros pour l'EPR de Flamanville (Manche). Le groupe italien a décidé de mettre un terme à sa participation à l'aventure, à laquelle il contribuait à hauteur de 12,5%.

Au titre des investissements déjà engagés, il percevra 613 millions d'euros, auxquels s'ajouteront les intérêts. Les Italiens se sont prononcés en juin 2011 par référendum, à une écrasante majorité, contre la relance du programme nucléaire civil. EDF et Enel devaient construire quatre réacteurs en Italie à partir de 2014.

«Le marché français demeure stratégique pour le groupe Enel qui continuera à y être actif grâce à sa présence diversifiée dans les activités de négoce d'énergies renouvelables, de gaz et d'électricité», a toutefois souligné Enel dans un communiqué. Le retrait du groupe romain est donc intervenu au lendemain d'une énième actualisation du coût de ce projet de construction d'un réacteur nucléaire de dernière génération. EDF a fait part d'une facture finale estimée à 8,5 milliards d'euros, contre un coût prévisionnel initial de 3,3 milliards d'euros. Il a maintenu la date de mise en production à 2016.

Cette annonce, que le groupe a justifiée par des aléas techniques et industriels ainsi que par le caractère pionnier du projet, a semé le trouble hier. L'action EDF a cédé 2,3% à 13,97 euros, soit la plus forte baisse de l'indice CAC 40, alors que la rentabilité de l'EPR se voit remise en cause. «C'est un montant assez gros et le coût paraît exorbitant. Après un rapide calcul, le coût complet de production serait de 105 euros par MW, soit le double du prix actuel de l'électricité», a réagi Per Lekander, analyste chez UBS.

A ce niveau de coût, qui reste toutefois de l'ordre de l'hypothèse, les bénéfices de l'EPR pourraient rapidement fondre aux yeux des Britanniques. La filiale britannique d'EDF, qui a noué un partenariat avec Centrica, prépare la construction de deux réacteurs EPR. Mais selon l'édition de The Independent datée de dimanche dernier, Centrica se prépare à annoncer en janvier son retrait du projet assorti d'une charge de dépréciation de 200 millions de livres.

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