Le rachat de Xstrata par Glencore est en bonne voie

le 19/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'assemblée générale devrait approuver le projet demain. En revanche, le plan d'intéressement des dirigeants de Xstrata semble menacé

Le siège de Glencore en Suisse. Photo: Gianluca Colla/Bloomberg

Plus de neuf mois après son annonce, le rachat de Xstrata par son principal actionnaire Glencore devrait enfin franchir l’étape cruciale de l’assemblée générale. Reportée début octobre en raison de l’opposition de plusieurs grands actionnaires de Xstrata, principalement le fonds souverain du Qatar, à la tête de 12% du capital, la réunion de demain devrait normalement approuver l’opération de 31 milliards de dollars, la plus importante de l’année.

La décision la semaine dernière du Qatar de finalement soutenir le projet, après plusieurs semaines de réflexion et un relèvement du prix de l’offre, doit permettre d’emporter le scrutin. Plusieurs autres actionnaires, dont Fidelity, et les cabinets de conseil aux actionnaires ISS et Glass Lewis ont aussi appelé à voter pour le rachat. Celui-ci doit obtenir 75% de votes favorables pour être approuvé. Glencore, qui détient 34% de Xstrata, ne participera pas au vote.

Les actionnaires devront en réalité se prononcer sur deux résolutions. La première approuvant le rapprochement seulement si l’accord d’intéressement et de rétention des principaux cadres de Xstrata qui sera proposé dans la foulée en assemblée extraordinaire est approuvé. La seconde acceptant le rapprochement seulement si l’accord est rejeté.

Or, sur ce point, un important doute subsiste. Ce «package» de 144 millions de livres (180 millions d’euros) partagé entre 70 dirigeants du groupe minier cristallise l’opposition de nombreux actionnaires depuis l’annonce du projet en février. Contrairement à leur plan initial, les deux groupes ont d’ailleurs dû dissocier les deux sujets, rachat et bonus, pour espérer obtenir l’accord des actionnaires sur le rapprochement. Le fonds souverain du Qatar s’abstiendra sur la résolution de l’intéressement qui doit obtenir 50% de votes favorables pour passer.

Le sujet est sensible. Pour accepter de relever le prix de la fusion, Glencore a exigé la modification du projet, de fusion en rachat pur et simple. Une forme juridique qui sous-entend une vraie prise de contrôle par Glencore.

Mick Davis, le directeur général de Xstrata, qui devait initialement occuper la direction du groupe fusionné ne restera aux commandes que six mois. La direction générale sera ensuite reprise par Ivan Glasenberg, le patron de Glencore. Ce qui pourrait, selon des sources internes, entraîner une vague de départs importante chez Xstrata.

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