Kodak entretient l’espoir d’une sortie prochaine du régime des faillites

le 13/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le pionnier américain de l’industrie photographique a scellé un accord de financement avec certains de ses créanciers obligataires

Est-ce la fin d’un mauvais film pour Kodak ? Placé sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites, l’ex-fleuron de la photographie mondiale a trouvé un terrain d’entente avec certains de ses porteurs obligataires, ont rapporté hier soir plusieurs agences de presse ainsi que le Wall Street Journal.

C’est avec un groupe de créanciers second-lien composé entre autres de Centerbridge Capital Partners, GSO Capital Partners, UBS et JPMorgan que le groupe de Rochester a pu monter un plan de financement. Ces créanciers apporteront 476 millions de dollars de nouveaux prêts à terme et reconduiront 317 millions de dollars d’emprunts. Sur ce total de 793 millions de dollars, jusqu’à 567 millions de dollars pourront servir au financement d’une sortie du régime des faillites.

Mais pour que ce plan de financement puisse être mis en œuvre, Eastman Kodak devra au préalable tirer au moins 500 millions de dollars de la vente d’un portefeuille de quelque 1.100 brevets. Des actifs que le groupe, dirigé par Antonio Perez, tente de céder depuis plusieurs mois, notamment auprès d’Apple et de Google. Il devra également poursuivre la vente de tout ou partie de ses activités liées aux équipements de numérisation et à l’imagerie personnalisée. Objectif : délaisser les activités pour les particuliers au profit de l’imagerie commerciale.

En pleine restructuration, avec 4.000 suppressions de postes annoncées depuis le début de l’année, Eastman Kodak entend mettre un coup d’arrêt à l’hémorragie dans sa trésorerie. Selon des documents déposés par un autre groupe de créanciers auprès du tribunal des faillites de Manhattan, le groupe sera probablement à court de cash au premier semestre 2013 en l’absence d’un nouveau financement.

Ce groupe de créanciers, qui a proposé un montage alternatif, dit par ailleurs avoir perdu foi en la capacité du management à mener les efforts de restructuration nécessaires. Ces investisseurs se sont également opposés à une demande faite par Kodak de conserver le contrôle exclusif du processus de faillite jusqu’au 28 février. Cette demande, si elle était acceptée par le tribunal, empêcherait les créanciers de présenter leurs propres plans de restructuration.

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