PagesJaunes pourrait priver ses actionnaires de dividende jusqu'en 2015

le 17/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe et son holding, Mediannuaire, ont engagé une double restructuration de dette qui va largement diluer KKR et Goldman Sachs

PagesJaunes entrevoit le bout du tunnel. La double restructuration de dette engagée à la fois par le groupe d’annuaires et par sa holding de contrôle, Mediannuaire, dont KKR et Goldman Sachs détiennent 80% et 20% respectivement, pourrait si elle aboutit dégager enfin l’horizon d’un titre qui a perdu 78% depuis le 1er janvier 2011. Elle sanctionnera aussi les limites d’un des plus gros LBO français, monté en 2006.

Mediannuaire, dont le courtier Gilbert Dupont estime la dette résiduelle à 1,3 milliard d’euros, devrait voir sa participation diluée de 54,7% à environ 20% dans PagesJaunes, a annoncé le groupe. Une conversion de dette en actions semble l’issue la plus probable. «Cela équivaut à une dépréciation de dette probable de 700 à 800 millions d’euros», calcule CA Cheuvreux. Côté fonds, KKR aurait déjà déprécié à zéro la valeur de sa participation.

«La réussite des négociations de Mediannuaire avec ses créanciers constituerait une bonne nouvelle pour Pages Jaunes car le groupe bénéficierait d’une plus grande latitude pour amortir sa propre dette», estime Gilbert Dupont. A fin mars, le groupe d’annuaires était affligé d’une dette nette de 1,85 milliard d’euros, et ses frais financiers sont passés de 24 à 33 millions en un an au premier trimestre.

PagesJaunes cherche à repousser l’échéance d’une tranche bancaire de 638 millions d’euros de novembre 2013 à septembre 2015, comme le reste de ses concours bancaires. En contrepartie, la société propose d’affecter une partie de sa trésorerie au remboursement anticipé de cette dette. «Nous pensons que la ligne de crédit tirée fin janvier 2012 de 300 millions d’euros (282 millions nets) devrait être affectée au remboursement partiel de la tranche bancaire», écrit Arkeon Finance.

La priorité au désendettement aura aussi pour effet de priver la valeur de son caractère de rendement. Etranglé par sa dette, PagesJaunes avait déjà annoncé en février la suppression «à titre exceptionnel» du dividende 2011, après avoir remonté plus de 2 milliards d’euros depuis 2006 à Mediannuaire. La société a confirmé hier que les versements reprendraient seulement lorsque le ratio de dette nette sur Ebitda passerait sous les 3 fois. Le levier atteignait 3,73 fin mars.

Pour CM CIC Securities, «PagesJaunes n’arrivera pas à satisfaire cette condition avant 2015, d’où une prévision de distribution du dividende que nous ajustons à 0 sur les trois exercices à venir».

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