PSA Peugeot-Citroën dépend encore trop de l'Europe

le 09/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La baisse des ventes mondiales du constructeur automobile au premier semestre provient aux trois quarts du marasme sur le Vieux Continent

Arrière d'un modèle PSA (Photo: dr)

Malgré des progrès dans sa diversification géographique, le repli de 13% des ventes mondiales de PSA au premier semestre 2012 (-10,7% hors ventes de pièces détachées) s’explique en premier lieu par une dépendance toujours trop élevée à un marché automobile européen en plein marasme. Le groupe, qui a globalement écoulé 1,62 million de voitures particulières et utilitaires légers sur la période, a vendu d’une année sur l’autre 176.000 unités de moins sur le Vieux Continent, soit près des trois quarts de la baisse de ses ventes globales sur la période.

Reflétant les effets de la fin des primes à la casse et la «crise profonde» des marchés français, espagnol et italien, les ventes européennes du groupe ont donc chuté de 15,2% entre janvier et juin. Ceci a entraîné une baisse d’un point de sa part de marché dans la région à 12,9%. Si ses ventes hors d’Europe ont progressé d’un point à 39% en rythme annuel grâce à de nouvelles lignes de production en Chine et en Russie, le groupe est encore loin de son objectif de 50% à l’horizon 2015. Le ralentissement du marché brésilien a largement contribué à la diminution de 21% de ses ventes en Amérique latine.

Par ailleurs, les expéditions de voitures en kit fabriquées en Haute-Saône à Vesoul demeurent suspendues depuis début 2012, sans aucune date prévue de reprise, en raison du durcissement des sanctions internationales contre l’Iran, qui s’est traduit par la perte de 65.000 ventes de véhicules. «Je ne vois pas ce qui pourrait conduire à une amélioration de la situation au second semestre», avance Erich Hauser, analyste chez Credit Suisse.

PSA, qui publiera ses comptes semestriels le 25 juillet, va présenter jeudi prochain aux syndicats les nouvelles mesures qu'il entend prendre pour diminuer encore sa base de coûts et ajuster ses capacités de production à la baisse du marché. Dans ce contexte difficile, le constructeur automobile et le gouvernement ont tous deux démenti une information de La Tribune selon laquelle le groupe, contrôlé à 25,2% par la famille Peugeot, aurait sollicité un prêt public en échange d'une prise de participation de l'Etat au capital. L’action a terminé la séance de vendredi sur une baisse de 7,7% à 7,1 euros, le titre ayant désormais perdu 75% de sa valeur sur un an.

A lire aussi