RIM appelle des banques à la rescousse pour évaluer ses options stratégiques

le 30/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fabricant du Blackberry a prévenu d’une perte opérationnelle pour le trimestre au 2 juin ainsi que de nombreuses suppressions de postes

Depuis son siège social de Waterloo, dans l’Ontario, Research in Motion (RIM) a de nouveau hier suscité la plus vive inquiétude de la part des opérateurs boursiers. Après clôture de la séance officielle sur le Nasdaq, le titre du fabricant canadien du Blackberry a chuté jusqu’à 15% à 9,50 dollars. Le groupe a il est vrai accumulé les mauvaises nouvelles. RIM a prévenu qu’il s’attend à enregistrer une perte opérationnelle au titre du trimestre au 2 juin, le premier de son exercice fiscal, qu’il allait concéder des coupes claires dans ses effectifs et qu’il avait mandaté les services de banques pour l’aider à évaluer ses options stratégiques.

JPMorgan et RBC Capital Markets (Royal Bank of Canada) ont ainsi été appelées à l’aide. Sur la base de la revue des activités déjà mise en œuvre depuis quelques mois en interne, les banques vont plancher sur l’éventualité de partenariats ou de licences et devront rendre un avis quant aux «plans de développement stratégiques alternatifs». De quoi raviver l’hypothèse d’une vente. Des sources concordantes avaient évoqué l’an passé des discussions en ce sens avec Amazon, Microsoft ou des sociétés de private equity, mais l’ancienne direction de RIM avait privilégié les efforts de rétablissement en solitaire. Thorsten Heins a remplacé en janvier à la tête du groupe les cofondateurs Mike Lazaridis et Jim Balsillie.

Sur fond de repli des ventes de son produit vedette, icône déchue de la téléphonie mobile, RIM ne parvient pourtant pas encore à convaincre les observateurs. Hier encore, tout autant que la mauvaise direction confirmée des résultats du groupe, c’est son incapacité à transmettre des informations claires qui a été sanctionnée. Le consensus Bloomberg misait sur un bénéfice opérationnel de 261 millions de dollars pour le trimestre en cours. Les analystes attendaient une indication quant à l’ampleur probable de cette perte et des suppressions de postes. Reuters croit savoir que le groupe envisage de ramener ses effectifs d’ici début 2013 de 16.500 à 10.000 salariés. Les nouveaux modèles de Blackberry sur lesquels mise le groupe ne devraient en outre être commercialisés qu’en fin d’année, ce qui laisse craindre deux trimestres de résultats à nouveau décevants.

Le cours du titre Research in Motion s’est effondré de 75% sur les douze derniers mois sur le Nasdaq. Il y a quatre ans, il se négociait à plus de 140 dollars.

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