Le japonais Marubeni alimente la fièvre pour les matières premières agricoles

le 30/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe met la main sur Gavilon, numéro trois américain du négoce de céréales, pour 3,6 milliards de dollars. Et répond ainsi au rachat de Viterra par Glencore

Le secteur du courtage de matières premières agricoles est en pleine effervescence. Deux mois après l’acquisition pour 6,1 milliards de dollars du canadien Viterra par Glencore, le japonais Marubeni prévoit de s’emparer de l’américain Gavilon. Le montant de l’opération s’élève à 3,6 milliards de dollars, dette incluse, ce qui en fait la plus importante acquisition jamais réalisée par le numéro un japonais du négoce de matières premières agricoles. Gavilon était conseillé par Morgan Stanley tandis que Nomura épaulait Marubeni.

Face à l'insistance de la rumeur, la direction de Marubeni avait reconnu au début du mois de mai son intérêt pour le courtier américain en vue de prendre pied aux Etats-Unis, premier producteur et exportateur mondial de maïs. D’autres candidats étaient sur les rangs, dont le suisse Glencore, l’américain Bunge ou le singapourien Wilmar. Autrefois dans le giron de ConAgra Foods, Gavilon était détenu depuis 2008 par un consortium d’investisseurs financiers. Ospraie Management, Quantum Strategic Partners, Soros Fund Management ou bien encore General Atlantic, avaient dépensé 2,75 milliards de dollars, dette comprise, pour s’emparer du troisième courtier de céréales américain derrière Archer Daniels Midland et Cargill.

Le rachat de Gavilon permet à Marubeni de doubler de taille, avec un volume estimé à 55 millions de tonnes de céréales en 2012. En 2011, Gavilon a dégagé 17,8 milliards de dollars de revenus. Ses résultats sont gardés confidentiels par ses actionnaires. Selon les prévisions de son concurrent Glencore, la croissance économique en Asie et l’accroissement de la population dans cette région feront augmenter de 3,5% par an la demande mondiale de céréales. D'où la frénésie actuelle pour s'emparer des courtiers, points névralgiques du marché.

Stratégiquement saluée, l’acquisition de Gavilon fait néanmoins craindre pour les finances du japonais. Avant l’opération, Marubeni portait un peu plus de 23 milliards de dollars de dette nette, 2,08 fois ses fonds propres, le double de son concurrent Mitsubishi. Avec Gavilon, le ratio pourrait monter à 2,3 fois les fonds propres. Surveillé par les agences de notation, le groupe s’était fixé comme objectif en début d’exercice de réduire le ratio à 1,8 fois. L’ambition a été réaffirmée hier par la direction de Marubeni. Le courtier japonais pourrait ainsi devoir céder des actifs pour alléger sa dette.

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