Le taux de rotation des patrons de grandes entreprises s’est accéléré en 2011

le 25/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les dirigeants promus en interne procurent aux actionnaires un rendement plus élevé que ceux venant de l’extérieur, constate l’étude de Booz

illustration Fotolia

Le départ anticipé du PDG de Carrefour Lars Olofsson mercredi au lieu du 18 juin, et son remplacement par Georges Plassat sont révélateurs des changements de direction au sein des grands groupes.

L’étude annuelle de Booz & Company sur les successions de dirigeants parmi les 2.500 plus grandes entreprises mondiales note un retour à un fort taux de turnover en 2011 à 14,2% – en ligne avec la moyenne sur sept ans de 14% – contre 11,6% en 2010. Une rotation plus rapide dans les grandes entreprises et dans les secteurs plus touchés par la crise (de 16% à 19% dans les télécoms et l’énergie).

Les conseils d’administration sont «plus enclins à remanier l’encadrement lorsque les perspectives s’améliorent, note Per-Ola Karlsson, associé chez Booz et auteur de l’étude. Le fait que le taux de turnover soit revenu aux niveaux historiques autorise à penser que certaines sociétés font de réels efforts pour repenser leur stratégie et tirer la performance».

Les dirigeants issus de l’interne continuent à apporter plus de valeur aux actionnaires. Selon l’étude, le rendement annuel est alors supérieur de 4,4% aux indices boursiers locaux, contre seulement 0,5% quand les patrons ont été recrutés à l’extérieur. Et pourtant, en 2011, 22% des nouveaux directeurs généraux venaient de l’extérieur, contre 14% en 2007. Une tendance particulièrement marquée en Europe, avec un taux de 31% l’an dernier, contre 24% en 2010. Elle signifie que «les sociétés recherchent une expérience acquise hors de leurs secteurs d’activité et de leurs marchés», explique Ken Favaro, associé chez Booz. De fait, cette nouvelle génération de patron doit faire face à d’importants défis, à commencer par trouver de la croissance rentable.

Autre particularité du Vieux Continent, illustrée par Carrefour, l’absence de transition en douceur via le modèle de «l’apprentissage», selon lequel le directeur général sortant est nommé président et forme ainsi son successeur dans le cadre d’une succession planifiée. Un système adopté à 17% en Europe contre 37% en Amérique du Nord, et 63% au Japon.

Au cours de la première année de prise de fonctions, un panel de 17 patrons interrogés par Booz recommande de procéder «le plus rapidement possible» aux changements nécessaires dans l’équipe dirigeante, mais de ne pas opérer «trop vite» des virages stratégiques, et de toujours jouer la carte de la transparence.

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