L'IPO du circuit de Formule 1 se fera par l'émission de titres doubles

le 25/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'opération permettrait de lever entre 2 et 3 milliards de dollars, avec une partie offerte en créances portant des coupons annuels de 10%

Une Ferrari à l'essai en Espagne. Photo: REA

L’entrée en Bourse du circuit de Formule 1 (F1) avance à grande vitesse. Après avoir reçu l'aval des autorités de Singapour, l'organisateur de courses automobiles a déjà tâté l’intérêt des investisseurs pour sa prochaine cotation et s’attend à lever environ 450 millions de dollars auxquels s’ajoutent les parts cédées par les détenteurs actuels du groupe. Au total, l’opération, orchestrée par Goldman Sachs, UBS et Morgan Stanley avec DBS, CIMB et Banco Santander comme teneurs de livre, pourrait permettre de lever entre 2 et 3 milliards. Les investisseurs devraient détenir des titres doubles constitués d’actions et de créances qui courent jusqu’en 2060 et donnent actuellement droit à un coupon annuel d’environ 10%. En outre, parmi ces fonds levés, 1,7 milliard pourrait être utilisé pour rembourser une partie de ces créances.

CVC Capital Partners, l’actionnaire de référence, a annoncé mardi avoir cédé 21% du capital à Waddell & Reed Financial, Norges Bank IM et BlackRock pour 1,6 milliard de dollars. Une opération dirigée par UBS qui valorise le groupe à 7,2 milliards ou 9,1 milliards dette incluse. CVC, qui avait acquis 63,4% du capital en 2005 et 2006 par le biais d’un emprunt de 2,5 milliards, a ainsi réduit sa participation à 42% après la cession. Les repreneurs ne bénéficieraient en outre d’aucun droit de vote ni option de vente associés à leurs titres et seraient contraints de les conserver pendant une période minimum de six mois.

Les revenus dégagés par l’exploitant de la F1 auraient progressé de 10% par an en moyenne durant les dix dernières années pour atteindre 1,5 milliard de dollars, avec un cash flow libre de 500 millions.

Seule ombre au tableau: «le départ de Bernie Ecclestone pourrait dérégler nos opérations et avoir un effet négatif important sur notre activité» et occasionner des pertes de contrats, selon une note distribuée aux investisseurs que s’est procurée le Financial Times.

Des bouleversements à la tête du groupe sont pourtant attendus, avec l’entrée au sein du comité de direction du président de Nestlé, Peter Brabeck-Lemathe, du directeur général de WPP, Sir Martin Sorrell, ainsi que du directeur financier d’Unilever, Jean-Marc Huët. Peter Brabeck-Lemathe, qui siège au conseil d’administration de Delta Topco, Credit Suisse, L’Oréal et Exxon Mobil, dispose de 0,3% du capital, participation d’une valeur de 6 millions, qui en vaudrait 30 millions après l’IPO.

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