Fresenius mobilise 3,1 milliards d'euros pour devenir numéro un des cliniques en Allemagne

le 27/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe de santé allemand lance une offre sur son concurrent Rhön-Klinikum. Le seuil d'acceptation est fixé à 90%. Le financement sera varié

Changement de taille! En rachetant Rhön-Klinikum pour 3,1 milliards d’euros, l’allemand Fresenius devient le numéro un des hôpitaux privés sur son marché domestique. Fresenius offre 22,50 euros par action en numéraire, soit une prime de 52% sur le dernier cours. L’action clôturait hier à 21,02 euros. Cette offre valorise Rhön 11 fois son Ebitda 2012 y compris la dette, a précisé Fresenius.

Si Fresenius a fixé un seuil d’acceptation à 90%, Eugen Münch, fondateur et actionnaire avec sa femme à 12,5% de Rhön-Klinikum, soutient l’opération et ne prévoit pas «de vendre ses titres à une éventuelle tierce partie». La cible a simplement précisé que son conseil de surveillance allait étudier l’offre. Elle est conseillée par Morgan Stanley et Berenberg Bank, tandis que Fresenius s’est dispensé de banque conseil.

Les 75 cliniques Helios (Fresenius) et les 53 établissements de Rhön-Klinikum dégagent ensemble 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 8% du marché allemand. Par ce rapprochement, Fresenius compte dégager des synergies de coûts significatives (approvisionnements, services administratifs, etc.) et des gains d’efficacité. Elles devraient permettre de gagner 1 à 2% de marge d’Ebitda du pôle hospitalier, anticipe Fresenius. En 2011, Rhön a dégagé une marge opérationnelle (Ebitda) de 12,8%, contre 13,8% pour Helios.

Fresenius estime que l’opération sera relutive sur le résultat net 2013 mais légèrement dilutive sur le BPA 2013. L’offre devrait être lancée dès la seconde quinzaine de mai pour une finalisation espérée au troisième trimestre.

L'acquisition sera financée via un prêt syndiqué, une émission obligataire et d’autres instruments financiers pour un montant maximal de 1 milliard d’euros. Deutsche Bank, JPMorgan, Société Générale, Credit Suisse et UniCredit se sont déjà engagés sur ces financements. Pour sa part, Fitch vient de confirmer la note «BB+» de Fresenius et l’assortit d’une perspective stable, confiant dans la capacité de Fresenius de retrouver un ratio dette nette sur Ebitda de 2,5 à 3 à moyen terme. L’agence mise sur un ratio de 2,6 en 2014. Ce ratio «augmentera autour de 3 à 3,5 fois en 2012, contre 2,8 actuellement », note RBS. Par ailleurs, Fresenius vient de relever ses prévisions de résultats 2012, tablant sur une hausse de 12 à 15% de son bénéfice net contre 8 à 11% auparavant.

A lire aussi