Nestlé rattrape son retard en Chine

le 24/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe s’offre Pfizer Nutrition pour 9 milliards d’euros, un prix élevé mais justifié

La nutrition infantile, un secteur très dynamique, particulièrement en Chine.

Après des semaines d’attente, Nestlé vient de racheter la division nutrition infantile de Pfizer pour 11,85 milliards de dollars (9 milliards d’euros), au-delà des niveaux récemment évoqués par le marché, damant le pion à Danone. Une bataille qui s’explique par le dynamisme de la nutrition infantile, particulièrement en Chine. Ce marché est estimé à 30 milliards de dollars dans le monde, avec une croissance moyenne de 10% par an, et de 13% dans les pays émergents, qui représentent les trois quarts du marché mondial.

Pfizer Nutrition réalise lui-même 85% de son chiffre d’affaires dans les émergents, et sur la période 2009-2012, il tablait sur une croissance annuelle moyenne de 13% pour atteindre 2,4 milliards de dollars de ventes cette année. En outre, la croissance organique s’établit au-dessus de l’objectif de 5 à 6% que s’est fixé Nestlé pour lui-même. La marge opérationnelle (Ebitda) de Pfizer Nutrition est attendue stable à 25% cette année, tandis que la marge de la division nutrition de Nestlé était d’environ 23% en 2011.

Nestlé est déjà le leader mondial de la nutrition infantile, alors que Pfizer n’occupe que la cinquième place. Toutefois, le groupe suisse comble enfin son retard sur le marché chinois de ce secteur où il perd du terrain depuis 2005. Jusque-là Nestlé détenait 4% du marché chinois de la nutrition infantile, contre près de 7% pour Pfizer Nutrition et 10% pour chacun des deux leaders, Danone et Mead Johnson. Désormais, le groupe suisse «va bénéficier d’une position de coleader sur un marché plus concentré et à très forte croissance», note Natixis. Cette acquisition est «clairement positive», note Aurel BGC, et «fait sens stratégiquement», ajoute Kepler Capital Markets.

Danone a finalement jeté l’éponge. Une nouvelle qui semble avoir soulagé les investisseurs, l’action ayant pris la tête du CAC, en hausse de 1,34%, tandis que Nestlé cédait 2,80%.

En effet, les analystes ont réagi différemment au coût de l’acquisition. Si SNS Securities l’a jugé «très élevé» et attend une justification de la part du groupe de Vevey, Natixis l’estime «raisonnable» et Aurel BGC «justifié». L’opération se traite sur des ratios de 4,9 fois le chiffre d’affaires et 19,8 fois l’Ebitda, «contre une moyenne de 20 fois sur les transactions réalisées dans le secteur de la nutrition infantile», note Natixis.

Après synergies, le ratio valeur d’entreprise sur Ebitda tombe à 15,6 fois, soit moins que le multiple «de 15,7 observé pour l’acquisition de Gerber et de 22,6 fois pour celle de Numico par Danone». Natixis estime la relution à 1% dès la première année. Nestlé, conseillé par Deutsche Bank et Rothschild, mise sur 160 million de dollars de synergies de coûts annuelles.

Wan Ling Martello, directrice financière de Nestlé, a précisé que le groupe financerait cette acquisition par une combinaison de dette et de cash. Fin 2011, Nestlé disposait de 7,9 milliards de francs suisses (6,6 milliards d’euros) de trésorerie. Fitch vient d’abaisser à «négative» la perspective de la note «AA+» attribuée au groupe helvétique. Nestlé pourrait néanmoins poursuivre ses emplettes. Le groupe suisse s’intéresserait aux surgelés Iglo, détenus par le fonds Permira, selon le Financial Times Deutschland.

La nutrition infantile, un secteur très dynamique, particulièrement en Chine.
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La nutrition infantile, un secteur très dynamique, particulièrement en Chine.

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