GDF Suez devrait vendre entre 3 et 5 milliards d'euros d'actifs pour sauver sa notation

le 02/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ces cessions s'ajouteraient aux 10 milliards déjà engagés depuis un an et compenseraient la hausse de l'endettement provoquée par le rachat d'IP

Photo: PHB/Agefi

En maintenant vendredi soir à 405 pence le cours de l’action International Power, les investisseurs ont réitéré leur message à GDF Suez. Le groupe risque d’avoir à relever le prix de son projet d’offre, annoncé à 390 pence par action, s’il compte emporter les 30% du capital de sa filiale britannique qui lui font défaut. En réalité, GDF Suez, qui rappelle qu'il dispose déjà du contrôle d'IP, peut se contenter de ne convaincre que les deux tiers des actionnaires minoritaires. Il atteindrait alors la barre des 90% du capital d’IP, seuil à partir duquel la législation britannique autorise un retrait obligatoire (squeeze out).

«Le cours de 405 pence suggère que le marché espère une offre autour de 415-420 pence, ce qui nous paraît raisonnable», estiment les analystes de Citigroup. UBS vise entre 410 et 430 pence. Quant à Oddo, il verrait bien un prix entre 420 et 430 pence, ce qui augmenterait la facture de 550 à 730 millions d’euros pour GDF Suez, en plus des 7,1 milliards d’euros initiaux et du 1,7 milliard nécessaire pour racheter les obligations convertibles en circulation à leur valeur de marché.

Malgré des multiples de valorisation 30% à 50% plus élevés que lors de l’entrée de GDF Suez au capital d’IP en 2010, l’effet relutif sur le bénéfice par action n’est pas contesté par les analystes. «Vouloir détenir 100% de son principal moteur de croissance est extrêmement rationel», ajoute Cheuvreux, d’autant qu’IP pourra alors mieux s’appuyer sur la capacité financière de GDF Suez pour développer son activité. Enfin, le groupe français n’aura plus à partager les cash-flows de sa filiale (2,7 milliards d’euros en 2011, +4%) et gardera pour lui près de 190 millions d’euros de dividende par an.

Néanmoins, le prix versé contraindra GDF Suez à vendre plus d’actifs que prévu, «dans les pays matures, mais pas en France ni en Belgique», assure une source proche. Selon Cheuvreux, «le ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation va passer de 2,3 à 2,7, et celui de cash-flow opérationnel (FFO) sur dette nette va se dégrader de 280 points de base, ce qui pourrait entraîner une dégradation de sa note à A-».

Selon UBS, GDF Suez devrait vendre pour 3 milliards d’euros d’actifs pour sauver sa notation. Natixis table sur 4,9 milliards d’euros de cessions, en plus des 10 milliards engagés depuis un an, dont les deux tiers ont déjà été réalisés.

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