Havas supprime la dilution potentielle que faisaient peser ses Bsaar 2006

le 27/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'exercice de ces instruments de rémunération variable pouvait aboutir à la création de 8,5% d'actions supplémentaires

Tout autant que l’offre publique de rachats d’actions, de nombreux investisseurs se sont félicités hier de l’offre publique d’achat lancée en parallèle par Havas sur les bons de souscription et/ou d’acquisition d’actions remboursables (Bsaar) émis en 2006. Ces instruments exerçables jusqu’au 1er décembre 2013 pouvaient en effet aboutir à la création de 36 millions d’actions nouvelles, soit 8,5% du capital de l’agence de publicité.

Cette OPA est également une forme de soulagement pour les détenteurs de Bsaar, essentiellement des cadres d’Havas. Ces derniers avaient reçu les bons en 2006 comme outil de motivation financière. L’opération était censée constituer un substitut aux stock-options. Les détenteurs avaient toutefois peu de chance de pouvoir profiter pleinement de l’effet de levier des Bsaar: ceux-ci étaient exerçables à 4,3 euros pièce, un cours que l’action Havas vient tout juste de franchir avec l’aide de l’offre publique de rachat d’actions. Or, rien ne dit que la plus-value aurait été suffisante à terme, ne serait-ce que pour couvrir la fiscalité.

«C’est une façon de limiter la perte de rémunération complémentaire des dirigeants», reconnaît un bon connaisseur du système des Bsaar. Les détenteurs toucheront 0,4 euro par bon, soit une dépense totale de 14 millions d’euros pour Havas, sachant que Vincent Bolloré, actionnaire de contrôle de l'agence et détenteur d’un million de Bsaar, n’apportera pas ses titres à l’offre.

Plusieurs autres Bsaar émis au milieu des années 2000 pourraient connaître le même sort, alors que les cours de Bourse actuels sont très inférieurs aux prix d’exercice. D’autres pourraient être restructurés pour réduire la perte des détenteurs. Car si dans le cas d’Havas les bons avaient été distribués, ils sont souvent achetés par les managers.

«La philosophie est différente des actions gratuites par exemple. Dans le cas des Bsaar, les bénéficiaires doivent investir une somme pour souscrire aux bons et ne sont pas certains d’être gagnants au bout du compte si leur prix d’exercice est inférieur au cours de Bourse à échéance. Il y a donc une prise de risque financière», explique Jean-François Louit, avocat spécialiste du droit boursier chez Scotto & Associés.

Plus risqué, le système est néanmoins fiscalement plus intéressant que les stock-options ou les actions gratuites dont les régimes ont été dégradés ces derniers années. Celui des Bsaar n’a pas été modifié.

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