Les opérateurs télécoms européens devront investir plus pour espérer croître

le 21/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La mauvaise orientation de l'activité et des marges devrait précipiter la baisse des dividendes pour préserver l’équilibre financier du secteur

La publication cette semaine des résultats annuels de plusieurs opérateurs télécoms européens (France Télécom, Deutsche Telecom, Telecom Italia, Telefonica) devrait mettre en exergue la difficulté du secteur à trouver des relais de croissance. La maturité grandissante des marchés domestiques, le contexte macroéconomique défavorable et le maintien d’une régulation forte dans la région militent pour une érosion persistante de l’activité et de la marge brute d’exploitation de la plupart des intervenants en 2012. La priorité donnée à la rémunération de l’actionnaire sur le réinvestissement des cash-flows semble par ailleurs avoir atteint ses limites en raison du fort développement de l’internet mobile qui dégrade la qualité des réseaux existants.

Les analystes de Groupama AM estiment nécessaire une hausse de 20% à 30% des investissements mobiles, ce qui aura un impact sur les réseaux fixes car la technologie 4G/LTE «peut aussi concurrencer l’accès par ADSL dans les zones non denses». Dans les zones denses, les opérateurs devront être capables de proposer une offre différenciée par rapport à celle des cablo opérateurs. Rien qu’en France, «le coût de la couverture en fibre optique est estimé entre 20 et 30 milliards d’euros et celui du réseau 4G à 10 milliards d’euros», relèvent les analystes d’Aurel BGC.

Les dividendes auront donc tendance à devenir une variable d’ajustement afin de préserver l’équilibre financier du secteur. Telefonica et Telekom Austria ont déjà annoncé une baisse de leur dividende, France Télécom et Telecom Italia pourraient leur emboîter le pas. Comme il est peu délocalisable, le secteur est en outre susceptible d’être la cible de pressions fiscales de la part de gouvernements à la recherche de recettes supplémentaires pour réduire leurs déficits publics.

Avec l’arrivée de nouveaux concurrents comme Free Mobile en France, un doute subsiste enfin sur la capacité des opérateurs historiques à mieux tirer parti de la croissance des applications à valeur ajoutée, d’autant plus que les autorités de régulation maintiennent leur pression à la baisse sur les prix de gros tout en limitant la consolidation du secteur. «Dans le fixe, 60% des lignes d’accès sont contrôlées par quatre opérateurs aux Etats-Unis et par vingt-trois à l’échelle européenne», indiquent les analystes de FitchRatings qui restent prudents sur les fondamentaux du secteur.

chiffres clés secteur télécoms
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