Les actionnaires individuels veulent avoir la main sur la rémunération des dirigeants

le 20/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La moitié des porteurs individuels adhère au non-versement de dividende quand le groupe investit ou se désendette, selon le baromètre Capitalcom

Sans aucun doute, la saison des assemblées générales 2012 sera placée sous le signe du «say on pay». Le septième baromètre annuel des attentes des actionnaires individuels du CAC 40 réalisé par Capitalcom est sans appel : 82% des sondés sont favorables au principe d’un vote consultatif en AG, contre 65% l’an dernier. Une opinion qui vient rejoindre celle de Proxinvest qui a récemment réclamé, une nouvelle fois, un vote annuel sur la rémunération des dirigeants. Lors des assemblées 2011, les actionnaires avaient déjà exprimé leur mécontentement, 16% des questions posées concernant les rémunérations des mandateurs sociaux et administrateurs, contre 11% en 2010.

La quasi-totalité des actionnaires interrogés (92%) réclame une rémunération davantage indexée sur la performance à moyen à long terme de l’entreprise. Plus de la moitié (53%) se disent favorables à l’indexation de la rémunération variable sur des critères environnementaux et sociaux. De fait, la moitié du CAC 40 utilise déjà des critères extra-financiers pour la part variable. Toutefois, les indicateurs RSE étant le plus souvent communiqués de manière qualitative et non quantitative, ce choix «ne permet pas une analyse précise des objectifs de performance fixés au départ», relève Capitalcom.

Malgré la crise financière, le projet de taxe «Tobin», le recul du CAC 40 de près de 18% l’an dernier, et la prudence du Panel Actions de L’Agefi pour les mois à venir, les actionnaires individuels restent fidèles à la Bourse. 54% des personnes interrogées se disent confiantes quant à l’avenir de l’actionnariat individuel en France. Bien que les deux tiers reconnaissent que la valorisation boursière des grandes entreprises est de plus en plus déconnectée de leurs résultats, ils sont aussi nombreux à déclarer prévoir de percevoir leur dividende en actions si cette possibilité leur est offerte. Et même la moitié des porteurs individuels se disent favorables au non-versement du dividende au profit des investissements ou du désendettement.

Pour autant, près de 70% des actionnaires individuels estiment que la communication du CAC 40 sur la prévention et la gestion de leurs risques reste insuffisante. Près de la moitié considèrent que la séparation des activités de banque de détail et de banque de financement et d’investissements permettrait de restaurer la confiance sur les marchés financiers.

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