L'élection présidentielle de 2012 obscurcit la visibilité sur EDF

le 17/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré des résultats 2011 sans surprise, l'action du groupe a encore baissé hier. Son avenir reste soumis aux décisions sur le parc nucléaire et les tarifs

Henri Proglio a beau ne pas vouloir «répondre du tout aux questions de spéculations politiciennes», le PDG d’EDF sait que la structure des comptes 2012, et des suivants, dépendra de l'élection présidentielle. Le producteur d’électricité n’a d’ailleurs pas fourni d’objectifs précis pour 2012. Les résultats seront conformes à la «trajectoire 2011-2015» : une hausse de 4% à 6% de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda), un endettement net inférieur à 2,5 fois l’Ebitda et un taux de distribution des bénéfices compris entre 55% et 65%.

Ce manque de visibilité pèse toujours autant sur le cours de Bourse, en baisse de 1,53% hier, à 18,4 euros, alors que les résultats 2011, marqués par une hausse de 4,7% de l’Ebitda, sont conformes aux attentes. En six mois, l’action EDF a chuté de 15%. Dans le même temps, l’indice européen Stoxx d’un secteur pourtant peu prisé parvenait à grappiller 1%.

Après sa prise de fonction en mai, le nouveau président de la République devra trancher deux dossiers capitaux pour EDF, dont 60% de l’Ebitda dépend des activités en France. D’une part, la durée de vie des centrales nucléaires. Les récents rapports de la cour des Comptes ou de la mission «Energie 2050» ont montré qu’une prolongation serait la solution la moins coûteuse et, par ricochet, la plus rentable pour EDF. «Chaque année de vie additionnelle pour un réacteur déjà amorti génère une rente au groupe», rappelle CM-CIC. Or, si Nicolas Sarkozy affiche sa préférence pour le nucléaire, le candidat François Hollande prévoit de fermer progressivement 24 des 58 réacteurs en service, dont les deux de Fessenheim. Une décision qui aurait un impact financier immédiat: à eux seuls, les deux réacteurs de Fessenheim génèrent 540 millions d’euros d’Ebitda, selon la Société Générale, et 8% du bénéfice par action d’EDF.

Seconde question cruciale pour EDF: les tarifs. Henri Proglio n’a pas manqué de rappeler hier que la Cour des Comptes évalue à 49,5 euros le MWh le coût de production de l’électricité nucléaire du parc existant, plus que les 46 euros estimés par le groupe, et plus que les 42 euros actuellement appliqués. Selon le PDG, les prix de revente de l’électricité devront donc inexorablement converger vers le coût économique de production. A condition toutefois que le nouveau gouvernement issu des urnes ose relever les tarifs quelques mois après son élection.

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