Les groupes internet devraient soutenir les introductions en Bourse en 2012

le 29/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Facebook devrait remporter la mise avec une levée de fonds de 10 milliards de dollars. Le marché est à l’arrêt en Europe depuis septembre

Facebook espère redorer le blason des sociétés internet aux yeux des investisseurs l’an prochain, après plusieurs introductions en Bourse (IPO) décevantes dans ce secteur en 2011. Le leader mondial des réseaux sociaux devrait à lui seul lever 10 milliards de dollars aux Etats-Unis entre avril et juin 2012, sa valorisation globale étant estimée à plus de 100 milliards de dollars. Selon le cabinet EMarketer, la progression de ses revenus publicitaires ferait croître en 2012 de 50% à 60% un chiffre d’affaires attendu à 4,3 milliards de dollars en 2011. Sa capitalisation serait donc supérieure à 15 fois son chiffre d’affaires prévisionnel de 2012.

La levée de fonds de Facebook serait suivie, de loin, par celle de Yelp, site de recommandation pour les commerces locaux, qui a prévu de lever 100 millions de dollars l’an prochain. Selon les chiffres compilés par Bloomberg, ce secteur lèverait au total 11 milliards de dollars en 2011 aux Etats-Unis (+66% par rapport à 2010), un record depuis les 18,5 milliards de l’année 1999.

Le marché devrait néanmoins être très attentif aux niveaux de valorisation, sous peine de sanction rapide. Le concepteur de jeux en ligne Zynga, qui a levé 1 milliard de dollars mi-décembre, a ainsi vu son cours baisser de 2,5% en deux semaines. La capitalisation boursière de Pandora Media a chuté de 36% depuis son IPO du 14 juin. «Les investisseurs examineront en détail les comptes de ces groupes et ils accorderont une grande importance à la croissance des revenus et des bénéfices», relève James Krapfel, analyste chez Morningstar.

Au niveau mondial, la valeur des IPO a été de 156 milliards de dollars cette année, en recul de 38% par rapport à 2010. Si la baisse s’est limitée à 10% aux Etats-Unis à 39 milliards, elle a atteint 55% en Asie à 79,2 milliards. En Europe, le montant de 34 milliards, en hausse de 20% d’une année sur l’autre, reflète une concentration des opérations sur le premier semestre suivie d’un arrêt quasi-total depuis septembre avec l’aggravation de la crise des dettes souveraines.

«Le marché européen des IPO a un retard probable de 6 mois par rapport à l’Asie ou aux Etats-Unis», juge Brad Miller, coresponsable des opérations primaires chez Deutsche Bank à New York. Il estime qu’un regain d’activité dans la région pourrait provenir de la vente d’actifs par les gouvernements à travers des opérations de spin-off.

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