BMW et Volkswagen se disputent le fournisseur de graphite SGL Carbon

le 21/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors que l’actionnaire principal de BMW détient déjà 29 % de SGL, le constructeur bavarois en acquiert directement 15,2 % pour contrer Volkswagen

L’intérêt du secteur automobile allemand pour SGL Carbon (SGL) ne se dément pas. BMW vient en effet de mettre la main sur 15,2% du capital du leader mondial des fibres de carbone et des produits en graphite dont le siège est à Wiesbaden (Land de Hesse). Le constructeur bavarois a acheté directement jeudi 5,2% des actions sur le marché tout en s’assurant le contrôle de 10% supplémentaires du capital à travers des options «exerçables à partir du 18 novembre et jusqu’au 16 décembre prochains. Si l’acquéreur n’a pas communiqué le prix de cette transaction, sa participation est valorisée 451 millions d’euros au cours de clôture de 43,7 euros de l’action SGL vendredi, reflétant une capitalisation boursière qui frôle les 3 milliards d’euros.

Actionnaire de référence de BMW en tant que membre de la famille Quandt, Susanne Klatten avait de son côté relevé en février dernier de 22% à près de 29% sa participation dans SGL, via sa holding d’investissement Skion. Le franchissement de seuil de 25% lui a conféré un droit de veto sur les décisions stratégiques du fabricant de graphite. Un porte-parole de SGL a précisé à L’Agefi que les participations de BMW et de Skion seraient «juridiquement totalement séparées». Une offre publique sur la totalité du capital n’est donc pas à l’ordre du jour, d’autant plus que BMW a souligné qu’il ne souhaitait «aucun siège au conseil de surveillance» de SGL.

Il n’en reste pas moins que le groupe bavarois, qui a établi depuis l’automne 2009 une coentreprise avec SGL dans les fibres de carbone, accroît de cette manière son influence chez l’un de ses fournisseurs, au détriment de Volkswagen qui a acquis fin février 8,2% de SGL. Il s’oppose également au groupe d’ingénierie Voith entré à hauteur de 9,1% du capital début septembre.

«Il apparaît que l’importance stratégique des matériaux légers est trop grande pour permettre à un concurrent de prendre potentiellement le contrôle de SGL», juge Arndt Ellinghorst, analyste au Credit Suisse à Londres. Si la clientèle automobile ne représentait en 2010 que 5% des débouchés de SGL, cette proportion pourrait atteindre 15% d’ici à 5 ans. Cette lutte de pouvoir fait pour l’instant le bonheur des actionnaires qui ont vu leur investissement dans SGL s’apprécier de plus de 60% depuis le début de l’année.

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