Delphi voit finalement le bout du tunnel avec son retour en Bourse

le 18/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les actionnaires de l’équipementier, Paulson & Co en tête, ont certes revu leurs ambitions à la baisse, récoltant finalement 530 millions de dollars

Quand bien même les investisseurs n’ont pas déroulé le tapis rouge pour l’occasion, le retour en Bourse de Delphi représente bien la ligne d’arrivée d’un parcours sinueux depuis la scission d’avec General Motors et deux ans après la sortie du régime des faillites. Lors de sa première séance de cotation à New York hier, le titre de l’équipementier automobile du Michigan a clôturé en repli de 3,05% à 21,33 dollars.

Pour son IPO, Delphi a vendu 24,1 millions d’action au prix unitaire de 22 dollars. Soit un montant total de 530 millions, hors option complémentaire au profit des dix-huit banques arrangeuses (emmenées par Goldman Sachs et JPMorgan) pour 3,6 millions de titres. Si la concrétisation de cette opération pour une valeur cyclique dans un environnement boursier si incertain peut apparaître comme une prouesse, les vendeurs des titres existants (aucune émission de nouveaux titres n’ayant eu lieu) ont tout de même dû revoir à la baisse leurs prétentions.

Parmi les cédants, propriétaires du groupe depuis une opération d’échange de dette en 2009, figure au premier rang le gestionnaire alternatif Paulson & Co, qui a accaparé plus de 85% de l’offre. Ils avaient au printemps dernier, lors de la mise en route du projet, imaginé pouvoir valoriser Delphi jusqu’à 14 milliards de dollars selon des sources concordantes. Finalement, alors que les titres ont été cédés dans le bas de la fourchette indicative de 22 à 24 dollars, l’équipementier était hier valorisé à l’aube de son entrée en Bourse à 7,2 milliards. Bloomberg relève que la valeur d’entreprise correspondante de 8,5 milliards de dollars est égale à 4,4 fois l’excédent brut d’exploitation sur douze mois à fin septembre, contre un multiple de 5,8 pour l’ensemble des équipementiers automobiles nord-américains.

Delphi doit donc encore faire ses preuves aux yeux des investisseurs. Le groupe a déjà subi une restructuration drastique, passant par une réduction de 45% des effectifs à 101.000 salariés depuis son placement en 2005 sous Chapitre 11. Mais les observateurs restent prudents du fait notamment d’une part de 43% du chiffre d’affaires en provenance d’Europe. Delphi mise avant tout pour son développement sur les marchés émergents, l’ancienne maison mère General Motors (y compris sa coentreprise chinoise) ne représentant déjà plus qu’un quart des ventes environ.

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