Foncière Paris France contre-attaque en lançant une OPRA

le 17/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La foncière propose de racheter 25 % de ses titres au prix unitaire de 117 euros, alors que PHRV propose seulement 100 euros par action

En réponse au projet d’OPA hostile de PHRV à 100 euros par action, Foncière Paris France (FPF) riposte par un projet d’offre publique de rachat d’actions (OPRA) sur 25% de son capital au prix de 117 euros. La foncière, qui clôturait hier à 106,05 euros, convoquera une AG le 8 décembre.

«Nous sommes hostiles à cette proposition destinée à contrer notre projet d’offre, explique le directeur général de PHRV. Nous avons appris son existence seulement lors du conseil, alors que les autres administrateurs avaient sans aucun doute été consultés préalablement». Ce projet d’OPRA «a pour objectif de permettre une sortie à un prix plus décent que celui offert par PHRV aux actionnaires qui souhaiteraient une liquidité immédiate , tout en faisant faire une bonne affaire à ceux qui restent, puisque les titres, acquis en dessous de l’actif net réévalué par action de la société seront annulés », confie Jean-Paul Dumortier, PDG de FPF. Toutefois,après avoir rencontré tous les actionnaires détenant plus de 1% du capital, FPF estime que «beaucoup envisagent leur investissement sur la durée».

Autrement dit, l’OPRA a pour seul objectif de forcer la main à PHRV. «S’il y a relèvement de l’offre, à partir de 117 euros, le conseil se réunirait à nouveau», poursuit Jean-Paul Dumortier. Mais, «a priori, il est hors de question de relever notre offre à 117 euros», rétorque PHRV. En attendant, FPF promet à ses actionnaires une hausse de 9% du dividende à 6,25 euros, grâce notamment à des cessions d’actifs, décidées par le conseil en septembre dernier.

Cette OPRA doit être votée à la majorité des deux tiers. Or, «compte-tenu de l’auto-détention de FPF, nous disposons de 26% à 27% des droits de vote, et donc de la possibilité d’influer sur ce vote, poursuit PHRV. Les Sicav, généralement hostiles aux mesures anti-OPA, pourraient rejoindre notre avis. D’autant que les résolutions prévoient aussi un ajustement à la hausse des rémunérations et des indemnités de départ des dirigeants de FPF. En tout état de cause, l’OPRA ne peut se dérouler qu’après notre OPA, dont nous attendons le visa de l’AMF début décembre».

Alors que FPF s’inquiète de la renégociation de lignes de crédit de 185 millions d’euros en cas de changement de contrôle, PHRV considère que «son groupe présente des garanties au moins équivalentes à celles de FPF, permettant une renégociation dans de bonnes conditions comme cela s’est déjà produit dans le passé».

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