Le chinois Sinopec veut mettre la main sur le canadien Daylight Energy

le 10/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’offre de 1,6 milliard d’euros souligne l’appétit intact de la Chine pour diversifier ses ressources à l’échelle planétaire

Pékin a franchi hier un nouveau pas dans l’internationalisation de ses ressources énergétiques. Sinopec International Petroleum Corp, entité du géant chinois Sinopec (China Petrochemical) spécialisée dans les investissements à l’étranger dans le domaine de l’amont du pétrole et du gaz, a annoncé avec l’approbation de sa cible, un projet d’offre de rachat du canadien Daylight Energy pour 2,2 milliards de dollars canadiens, l’équivalent de 1,6 milliard d’euros. A raison de 10,08 dollars par titre, le prétendant offre une prime supérieure à 100% par rapport au cours de clôture de 4,59 dollars vendredi. Le titre de la cible avait certes jusqu’ici abandonné 55% de sa valeur en Bourse cette année.

Une opération qui vient s’ajouter à la liste déjà longue de transactions initiées par les groupes publics chinois en vue de davantage sécuriser les approvisionnements du pays. Selon les données Thomson Reuters, les groupes chinois ont initié cette année des rachats dans l’énergie et les mines pour un montant total de 26 milliards de dollars américains. Un montant impressionnant, quand bien même il est pour l’instant en retrait face au montant annoncé l’an passé à la même époque, de 32,3 milliards de dollars.

Le Canada fait naturellement figure de destination prisée par Pékin. Cet été, Cnooc a convenu en juillet de racheter Opti Canada pour 34 millions de dollars et 2 milliards de dettes. Pour autant, l’Afrique semble également un eldorado, à l’image de l’offre de 1,3 milliard de dollars imaginée le mois dernier par Minmetals Resources pour s’emparer d’Anvil Mining. La transaction dévoilée hier souligne selon un analyste «le souhait de son initiateur de se développer à travers le Monde, particulièrement dans le secteur des sables bitumineux canadiens qui est resté sous-valorisé du fait de la récente correction des prix pétroliers».

Reste à convaincre l’autorité canadienne qui doit approuvée l’opération que cette dernière est conforme aux intérêts du pays. L’an dernier, le Canada avait fait barrage à l’offre de 38 milliards de dollars de BHP Billiton sur Potash. Les parties en présence aujourd’hui espèrent finaliser l’opération d’ici la fin de l’année.

Le chemin reste encore long à en croire Sanford C.Bernstein, qui estime à 150 milliards de dollars le montant que pourraient consacrer d’ici 2016 les groupes asiatiques afin de sécuriser leurs ressources énergétiques.

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