Oberthur empoche 1 milliard d’euros en vendant sa division numérique à Advent

le 05/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le montant de la transaction valorise la division un peu moins de 10 fois son résultat opérationnel estimé, proche du multiple de Gemalto

Oberthur Technologies quitte le numérique. Le groupe a confirmé l’ouverture de négociations exclusives avec Advent International pour lui céder ses activités cartes à puce (télécoms et banque) et identité. La division a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 812 millions d’euros, soit 83% des revenus d’Oberthur. La transaction valorise les activités 1,15 milliard d’euros, dette incluse, soit 1,4 fois le chiffre d’affaires et un peu moins de dix fois l’excédent brut d’exploitation estimé pour 2010, peu ou prou les multiples de Gemalto, premier concurrent d’Oberthur. Elle devrait être bouclée d'ici à la fin de l'année.

La famille Savare, principale actionnaire d’Oberthur, réinvestira une partie de la somme afin de détenir 10% du capital de la société aux côtés d’Advent. «C’est un signe de continuité. La société a été créée de toutes pièces en 1987 par mon père et a connu une croissance formidable depuis. Il était temps d’adosser ces activités pour les faire entrer dans une nouvelle phase de développement», explique Thomas Savare, le directeur général d’Oberthur. «Nos participations dans le secteur du paiement électronique et dans la finance en général, comme par exemple au Brésil avec Cetip et en Grande-Bretagne avec RBS WorldPay, pourront servir de boîte à outils pour accélérer encore un peu plus le développement de la société à l’international», appuie Cédric Château, directeur associé d’Advent à Paris, qui suivait la division depuis plusieurs mois.

Cette sortie, envisagée déjà l’an dernier, doit permettre à Oberthur de financer son développement dans le fiduciaire et l’impression sécurisée de documents. «En Europe occidentale, la croissance du taux d’utilisation des billets de banque est plus importante que celle des moyens de paiement électronique. La progression est également forte dans les pays émergents. Nous avons d’ailleurs investi lourdement dans notre outil de production l’an dernier pour répondre à cette demande», indique Thomas Savare. «Des opportunités devraient se présenter alors que la tendance est à l’ouverture du capital des imprimeries nationales à travers le monde», ajoute-t-il.

Aucun commentaire en revanche sur une possible relance d’une OPA sur De La Rue, le numéro un mondial des billets de banque. Oberthur, qui a déclaré au début de l’été qu’il n’envisageait aucune offre, est de toute façon bloqué pendant six mois, en raison des règles de marché britanniques...

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