Avec le scandale « News of the World », Rupert Murdoch voit s’éloigner BSkyB

le 12/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’avis du régulateur des télécommunications britannique pourrait, à tout le moins, repousser l’opération de plusieurs mois

Donné pour quasi certain en mars moyennant quelques concessions, le rachat du groupe de télévision satellitaire BskyB par Rupert Murdoch pour près de 10 milliards d’euros, semblait hier pour beaucoup compromis. Le scandale autour des écoutes téléphoniques du quotidien News of the World appartenant à Rupert Murdoch, a ainsi obligé le gouvernement à contrer l’offre d’achat de l’homme d’affaires sur les 61% du capital de BSkyB que son groupe News Corp ne détient pas encore. En tout état de cause, le vice-premier ministre britannique Nick Clegg qui s’exprimait sur la BBC, a exhorté Rupert Murdoch à renoncer à son objectif.

Alors que le feu vert gouvernemental semblait imminent il y a une semaine encore, l’affaire semblait donc singulièrement compromise hier pour Rupert Murdoch, lequel a débarqué à Londres dimanche pour essayer de calmer la tourmente.

Dans ce contexte, l’action BSkyB semble frappée de malaise à Londres (-11,9% en deux séances) alors que l’action de News Corp à New York déclinait à peu près dans les mêmes proportions. C’est que l’enjeu financier n’est pas mince pour l’homme d’affaires australo-américain. Il s’agit même d’une de ses plus grosses acquisitions en perspective avec un groupe de médias ayant indiqué disposer (L’Agefi du 15 juin 2011) de 8,2 milliards de dollars de liquidités au 31 mars.

Un pactole qui serait aujourd’hui près de s’envoler selon Alex GeGroot, un analyste cité par Reuters pour lequel l’affaire serait «tout simplement à l’eau». Un avis que ne partageait pas hier Thomas Singlehurst, un autre analyste interrogé par Reuters qui maintenait que seule la question du calendrier pouvait être débattue. A 80 ans, Rupert Murdoch n’a jamais eu la réputation d’un homme pouvant abandonner facilement.

Le gouvernement britannique, par le biais de son ministre de la culture Jeremy Hunt, a saisi deux instances de régulation, le régulateur des télécommunications, l’Ofcom, ainsi que la Commission de la concurrence. L’Ofcom a, entre autres légitimités, la possibilité de se prononcer sur le caractère «convenable» de l’opérateur actuel de BSkyB, James Murdoch, au regard du scandale lié à News of the World. Et l’avis du régulateur pourrait prendre plusieurs mois. Ce qui laisse objectivement du temps à Rupert Murdoch pour retourner la situation en sa faveur.

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