« America Corp » va montrer des signes d'essoufflement au deuxième trimestre

le 11/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le taux de croissance du résultat moyen des entreprises du S&P 500 est attendu à 13 %, le plus faible niveau trimestriel depuis 2009

Comme chaque année, Alcoa ouvrira ce soir, après la clôture de la Bourse de New York, la saison de publication des résultats semestriels des entreprises américaines. Selon le consensus d'analystes, le producteur américain d’aluminium devrait annoncer une hausse de 161% de son bénéfice net au deuxième trimestre, porté par l’envolée des prix de l’aluminium et par la demande dans l’aéronautique notamment. Mais ce chiffre pourrait être trompeur. La saison 2011 des résultats semestriels s’annoncent en effet à risque, en tout cas nettement moins dynamique que celle de 2010.

Selon Bloomberg, le bénéfice par action moyen de l’indice S&P 500 devrait ainsi avoir augmenté de 13% au deuxième trimestre 2011, soit le plus faible taux de croissance depuis le troisième trimestre 2009. Au cours des trois premiers mois de l’année 2011, le gain s’élevait encore à 18%. Et en 2010, le taux de croissance des bénéfices des entreprises américaines avait culminé à 37%, bien aidé par une base de comparaison extrêmement favorable après le creux d'activité de 2008. La disparition naturelle de ce coup de pouce explique une partie de l’affaiblissement du taux de croissance attendu par le consensus d’analystes. Mais certains craignent qu'il soit aussi le signe d’un essoufflement des grands groupes américains.

Comme le montrent les chiffres de l’emploi publiés vendredi, la reprise économique a perdu en vigueur aux Etats-Unis, avec les risques que cela fait peser sur la consommation des ménages américains, premier moteur des entreprises du pays. La désorganisation de l’économie japonaise après le tsunami du 11 mars a également agi sur l’activité d’«America Corp» au deuxième trimestre. Enfin, si Exxon ou Chevron devraient publier des résultats records, les industriels ont souffert ces derniers mois du prix élevé du pétrole et des autres matières premières.

Dans ce contexte, certains groupes pourraient réserver de mauvaises surprises lors de l'annonce de leurs résultats, même en Europe, où les bénéfices et les marges avaient fortement rebondi l’an dernier mais où la consommation reste atone. Philips ou Siemens ont déjà alerté sur une fin d’année plus difficile que prévu. L’Oréal et PSA Peugeot Citroën seront les premiers groupes du CAC 40 à publier, demain, leurs chiffres d’affaires trimestriels.

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