Le BFR des grands groupes européens tombe à un plus bas de six ans

le 06/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les besoins en fonds de roulement ont baissé de 2,7 jours de chiffre d’affaires en 2010, indique l’étude du cabinet REL publiée en exclusivité par « L’Agefi »

Illustration: Fotolia

Les grandes entreprises européennes ont géré efficacement leurs besoins en fonds de roulement (BFR) l’an dernier dans un contexte de reprise, indique l’étude du cabinet REL publiée en exclusivité par L’Agefi. Alors que leur chiffre d’affaires cumulé a progressé de 14,9% à 6,2 milliards d’euros, les 1.000 premières entreprises européennes cotées en Bourse, hors secteur financier, ont amélioré leur BFR de 5,9% d’une année sur l’autre à 42,9 jours de chiffre d’affaires (contre 45,6 en 2009), soit «un plus bas de 6 ans». Si cette diminution apparaît plus importante que celle de 2% enregistrée par leurs concurrents américains, cela peut s’expliquer par un BFR déjà très faible de 35,8 jours pour ces derniers.

En examinant les différentes composantes de cet indicateur, on constate une amélioration du ratio de créances clients (52,2 jours après 53,8) et de rotation des stocks (37,6 jours contre 38,8), tandis que les délais de paiement fournisseurs sont restés stables à 47 jours. La distribution, les transports et les télécoms font partie des secteurs ayant dégagé les meilleures performances l’an dernier en Europe, tandis que les utilities, les médias et le secteur des loisirs arrivent en queue de peloton.

Les 113 entreprises françaises répertoriées ont amélioré à un rythme similaire leur BFR qui reste d’ailleurs inférieur à celui de la moyenne européenne. Certaines parmi les plus importantes, comme France Telecom, PSA ou Carrefour, ont cependant enregistré une dégradation significative de cet indicateur, même s’il reste structurellement négatif dans ces trois cas.

«Seulement cinq sociétés européennes figurant dans la moitié supérieure de l’échantillon sur la totalité des composantes du BFR sont parvenues à améliorer celui-ci chaque année depuis 2006», précise l’étude. Il s’agit du brasseur danois Carlsberg, du cimentier français Lafarge, du fabricant de câbles néerlandais Draka Holding, du papetier portugais Sonae Industria et du laboratoire pharmaceutique italien Recordati.

En se fondant sur les meilleures pratiques de chaque secteur, REL a chiffré pour 2010 à 724 milliards d’euros le BFR excédentaire généré par l’ensemble des entreprises de l’échantillon européen. L’élimination de ce manque à gagner «aboutirait à une augmentation de 5% de leur bénéfice d’exploitation, en supposant un coût de financement de 5%», conclut l’étude.

Besoins en fonds de roulement
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