Knight Vinke demande à Carrefour de se concentrer sur son plan de transformation

le 01/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fonds votera la scission de Dia. Il prône la stabilité du management et plaide pour le maintien de Lars Olofsson aux rênes du groupe

«Il faut sauver Carrefour. Il peut disparaître s’il rate sa stratégie», alerte clairement Eric Knight, directeur général de Knight Vinke AM, qui a acquis 1,5% du capital de Carrefour fin 2009 entre 30 et 31 euros, peu ou prou le niveau actuel. Alors que des rumeurs autour de Carrefour agitent de nouveau le marché, le fonds américain, qui se qualifie «engagé» et non «activiste», a trouvé nécessaire de s’adresser à la presse pour préciser ses intentions sur le distributeur français. «On a l’impression que les décisions sont prises à la va-vite, explique Eric Knight. La stratégie change tout le temps. Or, les concurrents qui réussissent en France sont ceux qui ont une stratégie constante dans le temps».

En avril, le fonds avait demandé – avec succès – à Carrefour de surseoir à la scission de 25% de Carrefour Property, après consultation de 50 actionnaires pesant 20% du capital. «Quasiment tous ces actionnaires allaient voter contre, explique Eric Knight. Je n’ai jamais vu un point de vue exprimé avec un consensus aussi fort. On avait l’impression que le conseil de Carrefour ne s’en rendait pas compte. On a voulu éviter une catastrophe en AG».

Soucieux de ne pas déstabiliser le groupe, «nous ne réclamerons pas de siège à l’AG. Mais si le conseil nous propose, on dira vraisemblablement oui», déclare Eric Knight, rappelant qu’il avait demandé un siège en décembre, que le conseil de Carrefour lui avait refusé, sans explications.

«Nous voterons pour la scission de Dia, et nous garderons probablement le titre», déclare pour la première fois Eric Knight. Le management pourra ainsi se concentrer sur la restructuration de Carrefour, leitmotiv du fonds.

Aussi, Knight Vinke milite pour une continuité, tant du directeur général que du conseil. Le départ de Lars Olofsson aujourd’hui «serait catastrophique, assure Eric Knight. Si son plan réussit, le titre peut rebondir à 50 euros. S’il rate, l’action peut tomber à 20 euros». La décision du management de redresser les hypermarchés en recentrant l’activité autour de la marque est «importante et va créer de la valeur», se félicite Eric Knight. Pour autant, le «pari sur Planet nous paraît risqué». Après un test sur seulement six magasins, le groupe veut l’appliquer sur 500 sites. «Le test est limité, on aurait préféré une période plus longue, avec des temps de réflexion».

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