Casino met son partenaire brésilien face à ses obligations contractuelles

le 01/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le distributeur stéphanois engage une procédure d’arbitrage contre le groupe Diniz. Knight Vinke invite Carrefour à ne pas se disperser

Le ton monte chez Casino. Le distributeur stéphanois vient de saisir la chambre de commerce internationale d’une procédure d’arbitrage à l’encontre du groupe Diniz «sollicitant notamment le respect et la bonne exécution du pacte entre actionnaires du 27 novembre 2006 relatif à leur société commune Wilkes, laquelle contrôle la société brésilienne CBD», elle-même société mère de Grupo Pão de Açúcar (GPA).

Une procédure prévue, assure le distributeur français. En effet, des précisions semblent nécessaires, alors que bruissent depuis dix jours des rumeurs de fusion entre Carrefour et CBD. Des négociations à l’initiative de la famille Diniz ou de Carrefour, selon les sources. Carrefour aurait même mandaté Lazard selon le JDD. Néanmoins, Casino a déjà averti Carrefour par lettre que «les deux parties doivent prendre toutes les discussions importantes d’un commun accord», selon Le Figaro. En attendant, GPA a déclaré la semaine dernière «que le groupe n’est engagé dans aucune négociation avec Carrefour et n’a mandaté aucun conseil financier». D’aucuns attendent que l’AMF intime à Carrefour de communiquer, alors que le distributeur se mure dans le silence.

Pour sa part Knight Vinke a adressé une lettre au conseil d’administration de Carrefour s’interrogeant sur ces rumeurs. «La cession des activités non européennes de Carrefour, une par une et de façon isolée, ne nous paraît pas être la bonne solution», explique le fonds engagé. En revanche, il reconnaît le «potentiel intérêt à court terme d’une cotation en bourse de ce qui serait de loin la plus importante société de distribution au Brésil». Cela peut être «une opportunité en or», confie Eric Vinke.

Aux termes du pacte d’actionnaires liant le groupe Casino et la famille d’Abilio Diniz, cette dernière s’est engagée à ne pas céder ses actions du holding de contrôle pendant une période de neuf ans, soit jusqu’en 2014. A l’issue de cette période, Casino dispose d’un droit de préemption si la famille Diniz est vendeuse. Par ailleurs, l’an prochain, en 2012, Casino aura la possibilité de nommer le président du conseil d’administration du holding de contrôle, tandis que le contrôle actionnarial pourrait évoluer par l’exercice d’options d’achat et de vente. Actuellement, Casino détient 33,7% du capital de GPA, mais 50% des droits de vote de la holding Wilkes.

A lire aussi