CVC finalise la prise de contrôle de l'équipementier ferroviaire Delachaux

le 18/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fonds de private equity a trouvé un accord avec les différents actionnaires familiaux qui détiennent 57 % du capital de la société

A moins d’un coup de théâtre, et d’une contre-offre de dernière minute, Delachaux devrait officialiser vendredi un changement de contrôle au profit de CVC Capital Partners. Le fonds de private equity a en effet signé dans la nuit de lundi à mardi un accord avec les actionnaires familiaux de l’équipementier ferroviaire. Réunies au sein du holding Sogrepar, les trois branches de la famille Delachaux détiennent 57,35% du capital et 72,56% de la société cotée à la Bourse de Paris.

A la demande de la direction de Delachaux, la cotation en bourse a été suspendue et le restera jusqu’à la conclusion de l’accord avec CVC. Le montant de la transaction n’est pas communiqué mais il est estimé à plus de 600 millions d’euros. Avant sa suspension, Delachaux capitalisait un peu plus d'un milliard d'euros.

Ouvert au mois de janvier 2011, et confié à la Compagnie financière Edmond de Rothschild, le dossier de cession a suscité de nombreuses marques d’intérêt. Outre CVC, PAI, Carlyle et KKR ont étudié l’opération. KKR aurait même été le mieux-disant d’un point de vue financier mais l’offre de CVC, jugée plus «consensuelle» selon une source proche, a finalement été retenue.

Initialement, les trois branches de la famille étaient divisées. Deux d’entre elles, moins impliquées dans la gestion de la société, et à l'origine du processus de vente, souhaitaient simplement céder leur participation. En revanche, celle liée à François Delachaux, le président du conseil de la société, voulait rester aux commandes. La proposition de CVC a permis de trouver une solution à ce problème de gouvernance qui rendait le dossier extrêmement «compliqué» selon une source.

Le groupe Delachaux constitue selon plusieurs analystes une bonne cible pour un fonds de private equity: des positions fortes sur ses différents marchés, de 30% à 70% selon les produits; une situation de trésorerie nette lui donnant une capacité d’acquisition de 400 millions d’euros, selon Exane BNP Paribas; et enfin, une marge d’exploitation en bas de cycle confortable (12% en 2009). Delachaux a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 718,9 millions d’euros, en hausse de 13%. Sa marge d’exploitation est remontée à 13,8%. Pour cette année, le groupe prévoit des ventes proches de 785 millions, avec une marge de l’ordre de 13%.

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