Lagardère reporte de « quelques semaines » l’IPO de Canal+ France

le 17/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe assure que la décision n'a pas été prise pour une question de prix mais en raison de la catastrophe japonaise et de la volatilité des marchés

Lagardère rebrousse chemin. Le groupe de communication a décidé hier de décaler le processus d’introduction en Bourse du bloc de 20% qu’il détient au capital de Canal+ France. «Compte tenu de la catastrophe survenue au Japon et de l’extrême volatilité des marchés qui en découle, nous avons estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour obtenir le meilleur prix», a expliqué Dominique D’Hinnin, co-gérant de Lagardère. Selon lui, le processus pourrait être suspendu pendant «quelques semaines probablement», le temps que la volatilité se calme sur les marchés. «Plus on arrête un processus d’IPO tardivement, plus la frustration est grande pour les équipes qui travaillent dessus», a indiqué le co-gérant du groupe pour expliquer la rapidité de la décision, prise après quatre séances de baisse.

Le groupe réaffime néanmoins sa volonté de vendre la totalité de son bloc. «Il reste environ 10% du travail à effectuer. Dès que le marché regagnera des couleurs, nous reprendrons le processus, toujours dans l’objectif d’obtenir une valeur convenable pour notre participation», a assuré Dominique D’Hinnin. Pour l’instant, selon lui, le groupe ne dispose pas de valorisation arrêtée, même si les analystes des banques mandatées ont remis leurs notes la semaine dernière. «Leurs valorisations, qui ne sont pas celle du marché, sont très diverses», a reconnu le co-gérant de Lagardère, «entre 1,1 et 1,9 milliard pour le bloc de 20%» (L’Agefi du 15 mars 2011). Mais il a assuré que le report de l’introduction en Bourse n’a pas été décidé «parce que nous n’avions pas eu un bon prix».

Néanmoins, avant même la catastrophe au Japon et la chute des marchés actions, les investisseurs étaient peu enthousiasmés par le dossier qui, en plus d’une croissance modérée (+3% par an d’ici à 2013), n’offre aucune garantie de dividende malgré une trésorerie excédentaire estimée à 1,8 milliard d’euros à cet horizon. De nombreux gérants estiment également que le processus avait de grandes chances de ne pas aller à son terme, malgré les affirmations d’Arnaud Lagardère. Vivendi, qui détient les 80% restants de Canal + France, peut en effet racheter le bloc à tout moment, le processus de mise en Bourse servant en fait à mettre d’accord les deux groupes sur le prix de la participation. Des handicaps qui devenaient difficilement surmontables dans les conditions actuelles du marché.

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