La performance opérationnelle d'Areva trébuche sous l'effet des provisions

le 04/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe nucléaire sauve la mise grâce à la cession de sa filiale de transmission. Sa dette a diminué de 2,5 milliards d'euros l'an dernier

Des résultats en trompe-l'œil. Si Areva a publié hier soir un bénéfice net de 883 millions d'euros au titre de l'exercice écoulé, en hausse de 60% par rapport à 2009, c'est grâce à la plus-value réalisée sur la cession de l’activité «Transmission et Distribution». Pour un chiffre d'affaires de 9,1 milliards d'euros (+ 6,7%), le résultat opérationnel ressort de son côté en territoire négatif de 423 millions d'euros.

Il a été alourdi par trois facteurs : des dépréciations sur certains actifs miniers (426 millions d'euros sur l'ensemble de l'exercice, dont 126 millions au deuxième semestre), les dérives du chantier de l'EPR en Finlande (367 millions d'euros de provisions supplémentaires) et l'impact de l'accord sur la fermeture de l'usine d'enrichissement Georges Besse (121 millions d'euros au second semestre). Dans ce contexte, Areva ne versera pas de dividende au titre de 2010.

Hormis ces éléments exceptionnels, le groupe souligne une progression de la marge opérationnelle de 1,9 point, passant de 3,9% en 2009 à 5,8% l'an dernier, pour un résultat opérationnel de 532 millions d’euros. La présidente du directoire, Anne Lauvergeon, vante également le renforcement de la structure financière. «Nous avons levé sur les deux dernières années 7,1 milliards d’euros et sécurisé notre position de liquidité pour assurer notre développement», explique-t-elle.

En 2010, le groupe a bénéficié de la cession de T&D (3,1 milliards d'euros), des opérations sur les titres Safran (636 millions d'euros) et de l'augmentation de capital menée en fin d'année (900 millions d'euros). Des opérations qui lui ont permis d'absorber un cash-flow opérationnel libre avant impôts négatif de 1,09 milliard d’euros. En fin d'année, sa dette se situait à 3,6 milliards d'euros, en recul de 2,5 milliards d'euros sur un an. La direction du groupe a assuré ne pas avoir besoin de fonds supplémentaires pour financer le développement.

«En 2011, nous allons simplifier la structure capitalistique du groupe en cotant les actions ordinaires Areva», précise Anne Lauvergeon. Une opération qui devrait avoir lieu avant la fin mai. Mais la grande échéance de l'exercice en cours tient à la gouvernance du groupe, le mandat d'Anne Lauvergeon arrivant à échéance fin juin. Cette dernière a affirmé hier qu'elle se tenait prête pour un troisième mandat.

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