Le projet de scission de Carrefour soulève de nombreuses interrogations

le 03/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les analystes affichent leur scepticisme sur le spin-off total de Dia, et sur l'intérêt de celui de Carrefour Property

Blue Capital (Colony Capital et Groupe Arnault), avec ses 14% du capital de Carrefour, semble avoir obtenu gain de cause. Néanmoins, le bien-fondé de la scission de Carrefour est loin de convaincre tous les acteurs, qui attendent des précisions sur ce projet ce matin, lors de la publication des résultats 2010. Lanterne rouge du CAC 40, le titre du distributeur a cédé hier 3,90% à 33,60 euros.

«Nous continuons de rester sceptiques sur la façon dont de telles opérations peuvent dégager de la valeur cachée pour les actionnaires de Carrefour», note Jefferies. «Dans l’immédiat, nous voyons difficilement comment cette décision sera significativement créatrice de valeur», ajoute RBS. «Nous ne voyons aucune logique industrielle à ces opérations qui semblent avant tout destinées à revaloriser le cours de Carrefour en Bourse, avant scission», poursuit Aurel BGC.

La scission à 100% de Dia surprend. Il est «difficile de comprendre un spin-off total, note CA Cheuvreux. Dia offre des perspectives de croissance forte et une alternative pour mieux répondre aux attentes des clients dans un environnement changeant».

Sur la scission de 25% de Carrefour Property, le marché s’interroge sur le poids de la dette portée par la filiale, sur son profil de risque, sur la réévaluation des loyers et sur le développement immobilier. «Nous croyons qu'un tel projet ne doit pas être une priorité (davantage un projet pour 2013-14, en particulier si le groupe parvient à améliorer la marge d'exploitation (Ebit) en Europe)», ajoute CA Cheuvreux. Ce dernier y voit un risque d’affaiblissement du commerce de détail (potentielle compression des marges et baisse de la capacité à investir dans les prix). De plus, Carrefour Property n’aura pas accès au statut SIIC. Selon une source proche du dossier, Carrefour n’aurait pu aller au-delà du seuil de 25% pour des raisons de structure financière, mettant en péril sa notation financière. Pourtant, Fitch vient déjà de placer la note «A-» de Carrefour sous surveillance négative, le groupe ne prévoyant pas de réduire sa dette. L’agence craint également que ce projet détourne l’attention du management de l’exécution dans les temps du programme de transformation du groupe. En effet, le marché attend avant tout un redressement de l’activité du groupe et est très attentif au déploiement du nouveau concept «Carrefour Planet».

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