La hausse de la TVA coûtera 400 millions d'euros aux trois opérateurs mobiles

le 09/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Orange, SFR et Bouygues Telecom ont renoncé à répercuter dans leurs abonnements mobiles l'augmentation du taux de TVA. SFR est le plus pénalisé

Engagée en perspective de l’arrivée de Free Mobile en 2012 sur le marché, la «surenchère commerciale» à laquelle se livrent les trois opérateurs de téléphonie mobile français selon CM-CIC commence à leur coûter cher. En renonçant finalement à ne pas répercuter dans leurs tarifs la hausse de la TVA sur une partie des abonnements mobiles, Orange, SFR et Bouygues Telecom se privent de plusieurs centaines de millions d’euros de résultat opérationnel cumulé.

Pour Orange, premier opérateur français, la perte totale liée à la non-répercussion dans les prix de la hausse à 19,6% du taux de TVA pour les services de télévision, contre 5,5% auparavant, s’élève à 110 millions d’euros. Soit un impact de l’ordre de 2,75% sur l’Ebitda de l’activité mobile en France du groupe. Pour SFR, dont le nombre de clients concernés par ces changements de TVA est encore plus important, 4 millions- contre 3 millions pour Orange -, le manque à gagner est encore plus fort. La filiale de Vivendi ne donne pas de chiffres officiels, mais la Société Générale l’évalue à 160 millions d’euros, Exane BNP Paribas à 180 millions et Oddo Securities à plus de 200 millions, soit un impact allant de 4,8% à 6% sur l'Ebitda de l’activité mobile.

Selon Oddo Securities, les deux opérateurs pourraient néanmoins compenser une partie du coût en réduisant les dépenses commerciales initialement envisagées pour éviter que leurs clients ne profitent, comme la loi les y autorisait, d’une hausse des tarifs pour changer d’opérateur et notamment pour aller vers Bouygues Telecom. Dès le départ, et afin de prendre des parts de marché, le troisième opérateur français avait en effet renoncé à répercuter dans ses prix la hausse du taux de TVA.

La décision d’Orange et de SFR de renoncer à accroître leurs tarifs fait donc perdre à Bouygues l’intérêt commercial de sa manœuvre. Les analystes d’Oddo Securities estiment que l'opérateur devra supporter un coût compris entre 90 et 100 millions d’euros pour 2011 ce qui porte à près de 400 millions d'euros l'impact financier cumulé pour le secteur. La filiale de télécoms représentant 27% de la valeur d’entreprise du groupe, l’action Bouygues a logiquement cédé 0,7% à 34,18 euros hier dans un marché en hausse. France Télécom a perdu 0,48% à 16,45 euros et Vivendi a chuté de 2,47% à 21,14 euros.

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