Les procédures de prévention des difficultés apparaissent trop complexes

le 19/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

36 % des dirigeants se tournent en priorité vers leur banquier en cas de problème financier, selon une enquête publiée hier par Deloitte et l’ARE

Le cabinet Deloitte et l’Association pour le retournement des entreprises (ARE) ont publié hier les résultats d’une enquête réalisée fin 2010 par OpinionWay auprès de 300 dirigeants d’entreprises d’au moins 100 salariés en France. L’objectif était d’analyser leur perception des difficultés économiques que peuvent rencontrer les sociétés et leur appréciation sur les procédures de prévention existantes.

Si près de 90% des responsables interrogés estiment avoir une organisation interne leur permettant d’anticiper des difficultés, 52% d’entre eux déclarent être en mesure de détecter des problèmes potentiels de trésorerie «à un horizon de 3 mois au maximum», ce qui tend à relativiser l’efficacité des procédures utilisées. «La culture ‘cash’ des entreprises est moins développée en France que dans les entreprises anglo-saxonnes», commente Vincent Battle, responsable de l’activité Reorganisation Services de Deloitte.

L’interlocuteur privilégié est le banquier pour 36% des sondés, 42% d’entre eux étant prêts à engager un dialogue avec ce partenaire plus de 3 mois avant une impasse prévisible de trésorerie. Vient ensuite l’expert-comptable cité par 19% des responsables, devant le commissaire aux comptes (16%) qui fait jeu égal avec l’Etat et les collectivités locales. 64% des entreprises disent cependant connaître les différents organismes (Ciri, Oséo, Médiation du crédit, CDC et ses fonds d’investissements ad hoc) mis en place par les pouvoirs publics pour soutenir les sociétés en difficulté, 74% jugeant leur intervention efficace.

La principale pierre d’achoppement concerne les procédures de prévention des difficultés jugées trop complexes par les non-initiés. Alors qu’une précédente enquête de l’ARE en juillet 2007 avait montré que 60% des entreprises s’estimaient bien informées sur des procédures amiables comme le mandat ad hoc ou la conciliation, cette proportion est retombée à 56%. Les dirigeants interrogés sont toujours aussi nombreux (75% contre 76% mi-2007) à souhaiter «une part plus importante de négociation directe avec les créanciers».

La plupart des entreprises restent malgré tout confiantes, puisque 86% des responsables interrogés n’envisagent pas de devoir recourir à des procédures de prévention. La moitié des dirigeants estiment même que leur entreprise verra son chiffre d’affaires croître en 2010, de 9% en moyenne par rapport à 2009.

A lire aussi