Groupon prépare un tour de table record de 950 millions de dollars

le 30/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après avoir éconduit Google, le site d’achats groupés cherche à assurer le financement de sa croissance avant une probable entrée en Bourse

Groupon affole les compteurs. Après avoir refusé récemment une offre de rachat de Google, dont le montant était annoncé autour de 6 milliards de dollars, le site américain qui permet d’obtenir des réductions lors de ses achats sur internet vient de lancer un tour de table record. Le conseil d’administration de la société, dont le siège se trouve à Chicago, a autorisé le lancement d’une augmentation de capital dont le montant pourrait atteindre 950 millions de dollars.

Il s’agit du plus gros tour de table jamais lancé par une société privée depuis les 500 millions obtenus par la société de films d’animation Pixar en 1995, selon le cabinet de conseil VC Experts. Jusqu’à présent, depuis sa création en 2007 par Andrew Mason, la société s’appelait alors The Point, Groupon a levé 171 millions de dollars au cours de sept tours de table.

Les documents officiels devraient être communiqués à la Securities and Exchange Commission (SEC) la semaine prochaine. Ils permettront alors de déterminer plus précisément la valorisation de Groupon alors que la rumeur évoque pour l’instant une large fourchette de prix, allant de 4,75 milliards de dollars selon le site Techcrunch à près de 8 milliards selon VC Experts. Groupon est conseillé par Allen & co pour réaliser son tour de table. Cette opération préfigurerait une prochaine introduction en Bourse. Les actions émises lors de ce tour de table seraient en effet converties en titres ordinaires en cas d’IPO. Une possibilité renforcée il y a dix jours par l’arrivée aux finances de Jason Child, l’ancien directeur financier d’Amazon.

Devenu profitable il y a huit mois pour un chiffre d’affaires annuel estimé à plus de 500 millions de dollars, Groupon souhaite réaffirmer sa volonté d’indépendance avec ce tour de table géant. Le site aurait alors les moyens de poursuivre sa politique de déploiement aux Etats-Unis mais aussi en Europe alors que la concurrence est vive sur ce créneau. Les barrières à l’entrée ne sont pas très élevées, le modèle reposant avant tout sur les accords commerciaux noués avec des revendeurs affiliés qui acceptent de proposer des réductions aux utilisateurs de Groupon. Deux autres sites américains, LivingSocial ou BuyWithMe, se sont aussi lancés dans la course. Econduit par Groupon, Google pourrait d’ailleurs, selon la rumeur, se rabattre sur ces deux petits concurrents.

A lire aussi