ArcelorMittal alourdira le bilan de son pôle inox

le 09/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En scindant cette activité, le sidérurgiste va déprécier 800 millions de dollars d’actifs

Les opérations de scission semblent avoir le vent en poupe en Europe. Après Accor qui a coté en juillet dernier ses activités de services (Edenred), ArcelorMittal a décidé d’accélérer le processus de séparation de sa branche d'aciers inoxydables. Alors qu’il avait annoncé fin juillet une possible cotation de cette activité dans le courant de l’année prochaine, il a précisé hier qu’elle aurait lieu «au premier trimestre 2011», en fournissant également certains détails sur les modalités de l’opération.

«Les actionnaires recevront une action Acier inoxydable pour vingt actions ArcelorMittal détenues à la clôture des registres», indique le premier sidérurgiste mondial. La transaction devrait entraîner pour Arcelor une dépréciation d’actifs d'environ 800 millions de dollars (605 millions d'euros), sans contrepartie en termes de trésorerie. La charge finale, soumise «aux fluctuations de change et aux variations des besoins en fonds de roulement», sera évaluée à la fin de l'exercice.

La branche scindée supportera de son côté une dette financière nette d'environ un milliard de dollars, comprenant à la fois la dette existante d'ArcelorMittal, transférée avec l’activité d'acier inoxydable, et la nouvelle dette contractée par cette branche. «En conséquence, la transaction devrait être à peu près neutre en ce qui concerne le ratio de levier financier dette nette/excédent brut d’exploitation (EBE) d'ArcelorMittal», souligne l’aciériste. Son actionnariat devrait être calqué sur celui de sa société-mère, à savoir 40,8% pour la famille Mittal, 3% pour l'Etat luxembourgeois, le reste constituant le flottant, selon Les Echos.

Si elles emploient près de 10.000 personnes dont plus de 30% en France, ces activités ont affiché au cours des neuf premiers mois de cette année des ventes de 4,18 milliards de dollars, ce qui correspond à moins de 7% du chiffre d’affaires d’ArcelorMittal. Sur cette même période, la marge brute d’exploitation du pôle ressort à 10,6% contre 11,7% pour l’ensemble du groupe. L'aciériste faisait état à fin septembre pour cette division d’une «baisse des volumes et des prix de ventes en raison d’un environnement de marché assez faible accompagné d’un ralentissement saisonnier en Europe». Afin de réduire le point mort de ce pôle, il a longtemps cherché à l’adosser à celle de concurrents européens (ThyssenKrupp, Acerinox, Outokumpu), mais des obstacles opérationnels ou réglementaires l’ont finalement conduit à se résoudre à cette scission.

«Compte tenu de la surcapacité du secteur, une consolidation et une rationalisation s'imposent. L'arrivée d'ArcelorMittal Stainless en tant qu'entité individuelle, cotée séparément, pourrait servir de catalyseur», estime Jeff Largey, analyste chez Nomura, qui valorise la nouvelle société 2,8 milliards de dollars ou 3,8 milliards dette incluse.

Si l’on extrapole à l’ensemble de l’exercice 2010 les chiffres des neuf premiers mois de l’année, le ratio de valeur d’entreprise sur EBE du pôle inox ressort à 6,4 fois, bien inférieur au ratio de 9 fois attendu par le consensus Bloomberg pour la totalité du groupe, ce qui semble logique étant donné la cyclicité des opérations en voie de scission. L’action du sidérurgiste a cédé 0,7% hier à 26,8 euros sur Euronext Amsterdam.

A lire aussi