Le Gabon va monter à 35 % du capital de Comilog

le 15/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Eramet ne donne pas d’indication sur la valorisation de sa filiale. Mais des sources au fait du dossier parlent de 4 milliards d’euros

Les discussions en cours depuis plusieurs mois ont abouti. Eramet et la République gabonaise sont parvenus à un accord sur le capital de leur filiale commune, Comilog. Son capital est aujourd’hui détenu à 67,25% par Eramet et à 25,4% par le Gabon. Le solde étant aux mains de l’homme d’affaires Romain Zaleski. Mais les positions vont bouger.

«Cet accord prévoit la cession par Eramet à la République gabonaise, en plusieurs étapes sur la période 2010-2015, d’une participation complémentaire pouvant aller jusqu’à 10% du capital de Comilog», précise un communiqué d’Eramet.

Aucun élément de valorisation n’est donné. Toutefois, en précisant que toutes les parties impliquées étaient peu ou prou tombées d’accord, une source au fait du dossier indiquait le mois dernier que les estimations convergeaient «vers les 4 milliards d’euros». Un chiffre confirmé par une autre source bien informée. Cette montée progressive au capital de Comilog pourrait donc coûter quelque 400 millions d’euros au Gabon.

Pour le PDG d’Eramet, Patrick Buffet, cet accord «permettra de renforcer les liens très solides existant entre la République gabonaise et le groupe Eramet, avec l’objectif de réaliser ensemble au cours des prochaines années un développement métallurgique et minier très important dans le domaine du manganèse et d’autres métaux».

Cette annonce est toutefois loin de mettre un terme aux discussions qui concernent la place du Gabon dans la galaxie Eramet-Comilog. Le Gabon souhaite aussi prendre une participation directe au capital d’Eramet, de 10% à 15%. «Il s’agit d’un dossier distinct de celui de Comilog, répondait hier un porte-parole du groupe français. Il concerne le Gabon et les actionnaires d’Eramet».

Si le groupe rappelle ne pas être directement impliqué dans ce second volet, son PDG s’était dit en juin «ouvert» à une entrée du Gabon au capital. Il avait toutefois soulevé la principale difficulté pour le Gabon, à savoir «trouver une contrepartie vendeuse».

A l’heure où Areva cherche à assurer ses investissements futurs, les regards se tournent naturellement vers ses 25,6% d’Eramet. Mais le groupe d’Anne Lauvergeon serait plutôt favorable à une vente en bloc de sa part et a dit l’an passé que celle-ci resterait «sous actionnariat public».

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