Avec Oséo, Dominique Caignart fait croître les entreprises d’Ile-de-France

le 29/04/2010 L'AGEFI Hebdo

Pour les épauler avec des financements, le directeur de cette région combine rigueur du service public et rythme trépidant des affaires.

Dominique Caignart voit les choses en grand. En plus d’aider les entreprises ambitieuses sur son territoire, il joue aussi, en tant que responsable de la plus grosse division géographique d’Oséo, un rôle de premier plan dans l’enrichissement de la gamme de produits. « Le cœur de notre mission concerne les projets de croissance des entreprises, les moteurs essentiels de celle-ci étant l’innovation, l’investissement et l’international, indique-t-il. Ce faisant, Oséo a un rôle important d’observateur sur le comportement du marché afin d’être régulièrement une force de proposition à l’égard des pouvoirs publics pour la création de nouveaux produits. »

Un positionnement que justifient les compétences spécifiques de la maison. « Né du rapprochement, en 2005, entre deux organismes complémentaires, la BDPME (banque de développement des entreprises, NDLR) et l’Anvar (Agence nationale pour la valorisation de la recherche, NDLR), Oséo dispose d’équipes capables d’effectuer un diagnostic global de l’entreprise, à la fois sur ses finances mais aussi ses produits, ses capacités d’innovation et son marché », explique Dominique Caignart. De fait, répartis entre quatre zones géographiques d’Ile-de-France, les chargés d’affaires sont constitués de profils tant financiers que scientifiques.

En pratique, l’établissement intervient toujours en complément de financements tiers (voir le tableau) : il s’emploie donc à mobiliser les acteurs économiques et notamment les réseaux bancaires pour les inciter à utiliser toute la gamme des produits disponibles. Il s’agit de donner de l’envergure aux offres bancaires, pour que les entrepreneurs ambitieux aient les coudées franches et évitent les plans de financement trop étriqués, écueil majeur des projets d’investissement.

Résultat de cette proximité avec l’ensemble des établissements financiers, Oséo se retrouve de facto dans un rôle de référence. « En qualité d’établissement de place, notre action a vocation à être exemplaire en termes de neutralité, de délais et d’efficacité, assure Dominique Caignart. Ainsi, nos prises de position en garantie sur les projets présentés par les banques ont un impact très fort sur l’acceptabilité des dossiers. »

Action de soutien aux PME et ETI

Autre rançon du succès, le nombre des dossiers à gérer (15.000 l’an dernier) ne cesse de croître : dans le cadre du plan de relance, les équipes ont même connu une mobilisation sans précédent. « Nulle part au monde la structure publique ne s’est mobilisée aussi vite qu’en France pour désamorcer les effets de la crise sur les PME », rappelle Dominique Caignart. Dès mi-octobre 2008 était lancé le fonds de garantie Plan de soutien aux PME, prévoyant une intervention d’Oséo pour garantir jusqu’à 70 % les crédits bancaires de consolidation de structure financière des PME. En outre, l’action de soutien était étendue aux ETI (les entreprises de taille intermédiaire, comptant jusqu’à 5.000 salariés).

Pour relever ce nouveau défi sans en rabattre sur la qualité, Dominique Caignart a choisi de donner à ses troupes des moyens adéquats. « Pour répondre aux exigences du plan de relance, mes équipes sont passées de sept à douze chargés d’études, la production ayant doublé en volume, détaille Anne Gloaguen, responsable crédit, le service qui a eu à traiter les garanties au titre du plan de relance. Sur les dossiers de petits montants, nous avons déterminé des critères d’éligibilité permettant aux banques de décider par délégation accordée par Oséo. Dans ces conditions, nous avons pu respecter nos engagements de délai pour répondre à la demande de nos partenaires. » L’établissement donne sa réponse en l’espace de cinq jours ouvrés.

Dès la fin 2009 toutefois, l’objectif était aussi d’accompagner la sortie de crise et notamment de pallier la trop faible structure financière des PME françaises qui cherchent à croître. Produit de type « mezzanine », le contrat de développement participatif (CDP) vient d’être lancé en ce sens, avec une dotation d’un milliard d’euros sur deux ans. « Dans un contexte très concurrentiel où les parts de marché seront à prendre très vite, le CDP leur fera gagner un temps précieux pour leurs projets d’expansion, notamment par l’innovation et à l’international, expose Dominique Caignart. L’Etat a demandé à Oséo d’aller plus loin dans sa mission avec des fonds remboursables en sept ans, sans sûreté réelle et à des conditions attractives. »

Souplesse et autonomie

Pour se porter au fil des besoins sur ses différents fronts, un fonctionnement très souple des équipes est privilégié, celles-ci étant organisées en lignes de produit tout en faisant jouer entre elles les synergies. « Il arrive souvent qu’à partir d’une demande de garantie présentée par une banque, nous lui proposions d’autres produits de la gamme Oséo, pour conforter les plans de financement et, par là même, les projets et bilans des entreprises clientes, précise Anne Gloaguen. L’affectation du dossier entre les différents services s’effectue sur un mode très pragmatique. »

Autre gage de productivité, les responsables bénéficient d’une large autonomie de décision. « L’organisation vise à rapprocher la compétence de décision Oséo du terrain et des entreprises, dans un objectif d’efficacité, souligne Pedro Novo, directeur régional Paris. Compte tenu des délégations des managers, la décision d’intervention en cofinancement ou en garantie relève de notre ressort dans la majorité des cas, les décisions étant prises au fil de l’eau. Une liberté de mouvement qui va de pair avec la nécessité d’être flexibles et réactifs. Oséo réinvente son modèle en permanence ! »

En corollaire, maintenir un esprit de cohésion représente une préoccupation constante pour le responsable ultime. « Avec une équipe de 250 personnes, j’ai la chance de pouvoir garder le contact avec chaque collaborateur, se félicite Dominique Caignart. Spécificité d’Oséo, les cursus sont valorisés et les promotions maison servent de socle à la constitution de nos équipes de responsables. De fait, une fois investis de la confiance de leur hiérarchie, mes collaborateurs sont capables de soulever des montagnes ! »

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