L'avis de... Muriel Nahmias, head of direct debt placement, bfinance

«Le marché se développe rapidement»

le 28/08/2014 L'AGEFI Hebdo

«Le marché se développe rapidement»
Muriel Nahmias, head of direct debt placement, bfinance
(DR)

Quelles sont les forces à l’œuvre sur le marché des placements privés ?

L’Euro PP représente à présent environ 9 milliards d’euros – pour une soixantaine d’entreprises financées –, dont 7 milliards en émissions cotées. Le non-coté pourrait générer des flux pour quelque 4 milliards d’ici à fin 2015, mais les émissions cotées vont rester dominantes, s’agissant de la forme d’emprunt la plus simple pour les investisseurs. Cela dit, on voit un intérêt grandissant des sociétés pour le non-coté. Globalement, le marché se développe vite et on dénombre au moins une dizaine de projets de fonds de dette privée en préparation, en cours de lancement ou avec des lancements prévus d’ici à la fin de l’année. Les assureurs sont à la recherche de rendement sur des sous-jacents obligataires et, à part les plus grands acteurs, n’ont pas les moyens d’internaliser cette activité. S’ils délèguent donc souvent leurs investissements, ils restent très vigilants et se cantonnent aux risques de type investment grade ou low investment grade.

Le marché n’est-il pas ainsi focalisé sur les grosses ETI ?

Pour l’instant, il y a plutôt un équilibre entre les investisseurs qui préfèrent rester sur le haut du segment ETI et ceux qui vont se diversifier en ciblant aussi le bas du segment. En effet, pour des financements à 7 ans, les opérations offrent des marges de 2,5 % à 3 %, alors que la plupart des fonds, comme Novo, ont des mandats de gestion pour délivrer des rendements de 4 % à 6 %, ce qui est plutôt l’apanage de petites sociétés ou de risques plus élevés. Alors que s’accélèrent la baisse des taux longs et la contraction des spreads, les investisseurs doivent ajuster leurs couples rendement/risque. Cela dit, un fonds comme Novo va sans doute rester très prudent ; de par son statut et son rayonnement, il n’a pas droit à l’erreur, sous peine de voir le régulateur fermer les vannes et les investisseurs nourrir de la méfiance à l’égard de cette classe d’actifs, nouvelle pour eux.

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