Rencontre avec... Pierre-André Térisse, directeur général, finances, Danone

« L’équation du directeur financier se complique »

le 11/12/2014 L'AGEFI Hebdo

« L’équation du directeur financier se complique »
Pierre-André Térisse, directeur général, finances, Danone

Quels thèmes mobilisent le plus votre attention dans la direction financière du groupe ?

La volatilité accrue de nos marchés, notamment les devises et les matières premières, représente une source d’incertitudes importante, de même que l’augmentation du poids des interventions publiques et des réglementations, changeantes et utilisant des moyens plus ou moins intrusifs dans notre fonctionnement. Résultat, l’équation du directeur financier devient plus compliquée. Il nous faut être plus proche des affaires, repenser les équations de croissance à moyen terme, tout en restant vigilants à court terme, pour ajuster nos décisions selon la volatilité de l’environnement et pour maintenir le cap fixé. Le pilotage qui était annuel devient ainsi pluriannuel avec des prévisions revues au fil des trimestres. A moyen terme, il faut fixer les bons indicateurs et mettre en place des processus de contrôle interne efficaces, notamment pour la lutte contre la fraude ou pour la bonne circulation du cash-flow.

Quel est votre rôle à l’égard des investissements ?

Il s’agit d’un sujet essentiel de la direction financière : nous jouons un rôle dans l’identification et la sélection des opportunités d’investissement, ainsi que dans l’analyse a posteriori des décisions, car la performance des actifs constitue un bon moteur de performance.

Comment s’organise la direction financière ?

Nous menons un projet de transformation de cette fonction qui se terminera en 2016. Jusque-là organisée par « business units » (BU) et par pays, la fonction financière tient compte de la complexité accrue des missions des directions financières. Nous mettons en place une finance transactionnelle par pays, multimétier, et couvrant la comptabilité, la trésorerie, la fiscalité, la gestion des assurances… En parallèle, les contrôleurs de gestion, dédiés aux BU, vont continuer à jouer un rôle actif de pilotage. De part et d’autre, la professionnalisation des équipes va ainsi progresser.

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