Entretien avec... Farhad Moshiri, analyste valeurs financières chez AlphaValue

« Un dividende confortable »

le 24/09/2015 L'AGEFI Hebdo

« Un dividende confortable »
Farhad Moshiri

Quel regard portez-vous sur le secteur européen des opérateurs boursiers ?

Nous recommandons à l’achat les titres Euronext et London Stock Exchange (LSE) et avons une opinion neutre sur Deutsche Börse et BME. Euronext, tout d’abord, est un pure player, une Bourse traditionnelle bénéficiant d’un retour à la normale sur les volumes traités. S’il ne joue pas dans la même cour que ses pairs allemand et britannique, Euronext est une valeur de croissance qui peut encore valoriser des opportunités, comme dans les indices ou les dérivés, où de nombreuses occasions peuvent être saisies. Le LSE est en parallèle très apprécié par le marché, comme en témoigne son multiple de capitalisation des bénéfices 2017 supérieur à 19, quand il est voisin de 14 pour Euronext, de 15 pour Deutsche Börse et de 16 pour BME. Le groupe, certes, a anticipé les promesses du post-marché, avec LCH.Clearnet dans la compensation et aujourd’hui globeSettle dans le règlement-livraison. Sans compter l’investissement formidable dans Russell pour ses indices.

Le marché est-il sensible au sujet de la consolidation du secteur ?

Il s’agit en effet d’un thème important et central d’investissement. Le secteur se compose de nombreux petits acteurs ou d’acteurs moyens comme Euronext et BME, qui font face à deux mastodontes disposant de liquidités constituant une réelle force de frappe. Deutsche Börse, certes, vient d’annoncer cet été plusieurs opérations et pourrait rester en retrait désormais. Mais si la consolidation est envisageable entre opérateurs diversifiés, elle peut également passer encore par le rachat d’entreprises spécialisées dans les technologies de trading et de post-trading. Sous cet angle, Euronext a également sa carte à jouer.

Comment le secteur est-il perçu par les investisseurs ?

Sa couverture par les analystes n’est, à nos yeux, pas suffisante. Mais elle pourrait bien se renforcer, car les opérateurs boursiers se sont imposés comme des acteurs incontournables, disposant d’une activité solide et de marges élevées. D’où un intérêt grandissant de la part des investisseurs, demandeurs d’une couverture adéquate. Ces investisseurs se montrent toujours sensibles à la question du dividende, un point fort du secteur. Quand bien même le taux de distribution des résultats ne constitue pas un objectif explicite, il avoisine les 50 %. Et peut même approcher les 100 % avec l’espagnol BME à l’occasion de dividendes exceptionnels finalement assez fréquents. Je ne serai pas étonné de voir Euronext faire progresser à nouveau ce payout ratio au-delà de 50 %, pourquoi pas dès cette année ou l’an prochain.

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