Dossier Conseil

Les SSII privilégient les opérations de croissance externe

le 29/08/2013 L'AGEFI Hebdo

Dans un contexte de diminution de l'activité, s'adapter et innover sont les mots d'ordre des sociétés de services en ingénierie informatique.

Alors que le secteur des SSII a enregistré en 2012 un recul de son chiffre d'affaires (CA) de 1,3 %, et que l’exercice 2013 s’annonce atone, certains acteurs parviennent à tirer leur épingle du jeu via des opérations de croissance externe. C'est le cas d’Econocom qui, avec un CA de 1,5 milliard d'euros, a annoncé le meilleur résultat de son histoire, en partie grâce au rachat d’ECS auprès de Société Générale en 2010 et aux cinq acquisitions réalisées en 2012 (Ermestel, Centix, Tactem, France Systèmes et Cap Synergy). « Le fil conducteur de toutes ces opérations, c'est d'acquérir ou de renforcer notre expertise dans les services informatiques et télécoms, ainsi que dans des univers actuellement très demandés par les entreprises comme le digital, la sécurité ou la virtualisation, confie Jean-Philippe Roesch, directeur général d'Econocom. C'est d'ailleurs ce credo qui nous a incités à racheter en début d'année l’intégrateur Exaprobe, et à signer, le 1er juillet dernier, un accord en vue du rapprochement avec le groupe Osiatis qui représente 360 millions d'euros de CA, avec 4.600 collaborateurs. » Chez Sopra Group, la croissance du CA de 15,8 %, à 1,2 milliard d’euros, enregistrée en 2012 a elle aussi été dynamisée par une série d’opérations de croissance externe. « Ces dix-huit derniers mois, nous avons racheté les filiales britanniques de Business & Decision et de Tieto, ainsi que HR Access, rappelle Pierre Pasquier, PDG du groupe. Nous avons également lancé Sopra Banking Software, une filiale spécialisée dans les solutions applicatives pour le marché financier dans la foulée des rachats de Callataÿ & Wouters et de Delta Informatique. Toutes ces acquisitions ont renforcé notre position de leader en France sur le marché du logiciel. »

Des métiers en mutation

Confrontées à une transformation profonde de leurs métiers depuis plusieurs années, les SSII doivent s’adapter et innover pour rester en phase avec le marché. « Le "business model" que nous avions il y a cinq ans est déjà obsolète car les attentes des clients et la position des concurrents évoluent en permanence, souligne Pierre Pasquier. Dans un tel contexte, il faut sans cesse s’interroger sur la performance de son business et s'appuyer sur ses points forts. Nous allons pour cela renforcer nos positions dans le secteur de l'édition et sur notre cœur de métier : le conseil et la conception et réalisation de très grands projets. » Du côté de GFI Informatique, la stratégie initiée en 2009 vise à capitaliser sur l'existant, tout en structurant une démarche ambitieuse d'innovation, comme le confirme Vincent Rouaix, PDG du groupe. « Nous allons continuer de développer nos activités d'infogérance et de tierce maintenance applicative auprès de grands comptes avec qui nous avons signé des partenariats privilégiés. Ce positionnement va aussi nous permettre de leur proposer des solutions innovantes en matière d'e-commerce, de mobilité, de réseaux sociaux et de dématérialisation. » Pour se différencier, Econocom mise sur son nouveau plan stratégique Mutation 2013-2017 qui a pour ambition de faire du groupe un pionnier dans l'intégration technologique et financière de solutions digitales, un marché très convoité avec l’explosion des tablettes, smartphones, stylos connectés... « Tous ces objets digitaux vont révolutionner l'univers du "retail", de la santé, de l'éducation..., assure Jean-Philippe Roesch. Les grandes entreprises l’ont d’ailleurs bien compris puisqu’elles ont pour la plupart déjà engagé cette mutation avec des porteurs de projets qui peuvent être les DSI (directions des systèmes d'information), mais aussi les directions marketing, les directions métiers... Ce qui nous conduit à faire évoluer notre organisation pour apporter des solutions business efficaces à ces nouveaux interlocuteurs. » 

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