L’avis de... Amit Shabi, associé de Bernheim, Dreyfus & Co

« Le point d'achoppement reste clairement le prix »

le 06/01/2011 L'AGEFI Hebdo

L’année 2010 marque-t-elle une transition pour le marché du M&A ?

Le marché des fusions-acquisitions (M&A) est essentiellement basé sur la confiance : 2010 restera une année charnière où le dialogue stratégique entre les sociétés a repris. Les conditions de financement sont aujourd'hui favorables et les valorisations encore attractives. Le marché est clairement reparti aux Etats-Unis. En Europe, nous restons dans des conditions de marché « anxiogènes » (avec les risques souverains). La plupart des opérations de 2010 auront été « audacieuses », comme avec le montage sur International Power-GDF Suez ou l'entrée de LVMH au capital d'Hermès. Le vrai point d'achoppement reste clairement le prix, d'où la multiplication des offres hostiles. La thématique pays émergents est de plus en plus prégnante à la fois dans le secteur de l'énergie/matières premières (sécurisation des approvisionnements) et dans les biens de consommation avec la recherche de transfert vers ces pays des grandes marques occidentales. L’opération Prudential sur AIG Asia aurait été emblématique si elle avait abouti...

Quelle est la stratégie actuelle de votre fonds « event-driven » ?

Nous avons deux moteurs de performance plutôt équilibrés : les transactions annoncées (arbitrage) pour lesquelles nous parions sur la réalisation effective d'une opération dans une durée plus ou moins longue, comme sur Cadbury-Kraft l’an dernier ; et les transactions pressenties pour lesquelles nous parions sur l'annonce d'opérations stratégiques. En ce moment, compte tenu du redémarrage de l'activité M&A et de la baisse de la volatilité, nous sommes en train d'augmenter notre exposition aux deals anticipés (event-driven), qui avait diminué avec la crise.

Quels sont vos secteurs préférés ?

Dans la stratégie d'arbitrage, nous sommes notamment positionnés sur l'offre d’Intel sur MacAfee, qui devrait s'achever en début d'année après l'accord des autorités antitrust en Europe. Nous sommes également actionnaires de Genzyme, car nous pensons que Sanofi finira par acquérir cette société autour de 76 dollars par action. En matière d'anticipations à six mois, nous voyons des opérations survenir dans la pharmacie, l'énergie et la technologie : nos principales convictions portent ainsi sur Shire (un laboratoire très regardé) et Allergan, Dragon Oil, Symrise (chimie), Meggit, Millicom, Citrix et Ingenico. Et toujours la marque Tiffany, qui gagnerait à rejoindre un grand groupe du luxe.

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