Dossier Métiers du conseil

Optimisme et prudence, les maîtres-mots pour les SSII

le 15/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Les sociétés de services en ingénierie informatique adoptent une conduite avisée sur la marche des affaires à court et moyen terme.

Après deux années difficiles, le secteur des SSII (sociétés de services en ingénierie informatique) a retrouvé le chemin de la croissance avec un chiffre d'affaires en augmentation de 3 % au premier semestre 2011 en France. Essentiellement porté par la finance, les services publics, l'aéronautique et l'industrie, ce début de reprise bénéficie globalement à tous les métiers des SSII : le conseil, l’intégration de systèmes et l'infogérance, avec des missions qui portent sur l’optimisation du patrimoine informatique, l’exploitation des données, la sécurité, la mobilité, les applications collaboratives... Malgré ces signes tangibles d’embellie, tous les acteurs se montrent très prudents lorsqu'il s'agit d'évoquer la tendance à court et moyen terme. « Ce retour de la croissance reste très fragile, observe Michel-Alain Proch, directeur administratif et financier d’Atos. Nous avons certes vu réapparaître au premier semestre de beaux projets en matière d'intégration de systèmes et d'infogérance, mais à des niveaux de prix qui ne permettaient pas de maintenir une marge acceptable. En ce qui nous concerne, nous avons préféré nous concentrer sur des affaires où l’on pouvait préserver nos prix et nos marges. Cette stratégie nous a d’ailleurs permis d'améliorer notre résultat d'exploitation et notre 'cash-flow'. » Au-delà des contingences propres au secteur, ce sont les nuages qui s’accumulent sur les marchés financiers et l’économie mondiale qui inquiètent. « On peut en effet penser qu'avec la crise de la dette, la rigueur budgétaire qui s’installe et une consommation qui a du mal à repartir, les entreprises pourraient être tentées de diminuer leurs investissements, anticipe Stéphane Morvillez, directeur général d’Aedian, une SSII qui réalise 90 % de son chiffre d'affaires dans le secteur de la banque et de l'assurance. Mais au jour d’aujourd'hui, je n'ai pas de signes tangibles de ralentissement de l'activité. L'été a été plutôt dynamique, il n'y a pas eu d'annulation de missions, et notre carnet de commandes a toujours fière allure. »

Pas de repli frileux…

Pas question donc pour l’instant d'opérer des replis frileux. Les 40.000 recrutements programmés par le secteur en 2011 devraient êtres maintenus. « Malgré les événements de l’été, nous gardons le cap sur les 4.700 embauches prévues en 2011, confirme Philippe Tavernier, l’un des dirigeants du groupe Capgemini en France. Et nous allons même intensifier nos efforts en direction des jeunes diplômés et des écoles d'ingénieurs car sur des métiers comme les chefs de projet ou les experts en nouvelles technologies (.net, JEE…), nous sommes confrontés à de réelles tensions sur le marché de l'emploi. » Pas question non plus de remiser dans les tiroirs les ambitions de croissance externe. Fidèle à sa stratégie du collier de perles, qui consiste à procéder à des acquisitions dans des domaines et des territoires ciblés, Capgemini a déjà réalisé sept opérations depuis le début de l'année, dont trois sur le territoire national avec Avantias, Artesys et Prosodie. Pour Atos, la cuvée 2011 a surtout été bonifiée par le rachat, le 1er juillet dernier, des activités informatiques du groupe Siemens. Une opération qui fait passer le chiffre d'affaires du groupe de 5 à 8,5 milliards d’euros et les effectifs de 47.000 à 75.000. « Cette acquisition ayant été payée en grande partie en titres, nous avons pu préserver nos capacités financières, conclut Michel-Alain Proch. Nous sommes donc aujourd'hui en situation de procéder à de nouvelles acquisitions qui porteront cette fois sur les métiers du paiement, des transactions électroniques et d'internet, ceux qui ont, même pendant la crise, toujours affiché des taux de croissance intéressants. »

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