Dossier Cash management

Les nouveaux protocoles de communication sont au point

le 10/11/2011 L'AGEFI Hebdo

Destinées à remplacer Etebac, les solutions Ebics et SwiftNet présentent des fonctionnalités améliorées.

Développé par la communauté financière française et utilisé par plus de 90.000 entreprises dans l’Hexagone, le protocole de communication interbancaire Etebac ne disparaît pas sans peine. L’échéance fixée aux entreprises pour trouver une alternative, compte tenu du démantèlement du réseau X 25 annoncé par Orange Business Service, a été finalement repoussée au 30 juin 2012, après avoir longtemps été annoncée pour septembre 2011. Le Comité français d’organisation et de normalisation bancaires (CFONB) recommande toutefois aux entreprises de migrer avant le 31 décembre 2011.

Mission presque accomplie puisque d’après la dernière enquête trimestrielle de l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE), qui regroupe un millier de membres - de grands groupes pour l’essentiel - , 85 % des répondants ont entamé la migration et un tiers ont déjà migré au moins 90 % de leurs flux.

Quelles solutions de remplacement ont été privilégiées ? Chez ING, 60 % des clients connectés sur Etebac ont décidé de passer sur le canal Ebics, contre environ 40 % sur SwiftNet ou l’internet bancaire.

Des utilisateurs convaincus

Standard de communication bancaire sous IP (Internet Protocol) développé en Allemagne, Ebics constitue « le remplaçant naturel d’Etebac », d’après Richard Cordero, délégué général de l’AFTE. Etebac 3, qui assure uniquement le transport des messages, est ainsi destiné à être remplacé par Ebics T, tandis qu’Etebac 5, qui permet d’envoyer des ordres avec confirmation simultanée, grâce à une signature par certificat électronique, laisse la place à Ebics TS. Le canal Ebics est compatible avec les nouveaux standards, notamment XML, et permet de passer des virements en format Sepa (Single Euro Payments Area).

« Pour Ebics T, la confirmation des ordres doit être traitée et vérifiée, précise Esme-Jane Wells, responsable cash management chez ING en France. Davantage sécurisé, Ebics TS présente un risque de fraude plus faible. » Grâce à la signature électronique des ordres, Ebics TS permet de se dispenser de certains contrôles et de promouvoir le traitement automatisé. C’est pourquoi ING propose des frais mensuels moins élevés pour cette solution que pour la version Ebics T.

Chez les grands comptes, le réseau SwiftNet représente une alternative de poids à Ebics. Il a été choisi par 38 des 40 entreprises du CAC 40. « Nous visons à présent les sociétés du SBF 120 », commente Arnaud Boulnois, directeur de Swift France. Environ 80 % des entreprises utilisatrices passent par une connexion indirecte, l’infrastructure étant alors hébergée par un tiers (banque, société de services en ingénierie informatique - SSII -, prestataire de services). L’intérêt de SwiftNet est d’assurer la non-répudiation des transactions : une trace de chaque message est conservée pendant trois mois, permettant de prouver, en cas de litiges, la réception du message par son destinataire. Il offre également une couverture internationale avec plus de 200 pays et 9.000 institutions financières, et une palette fonctionnelle large qui comprend le cash management mais aussi les opérations de marché et les lettres de change. « SwiftNet a explosé parmi les grandes entreprises, confirme Esme-Jane Wells. Ce canal, utilisable dans tous les pays, est idéal pour les groupes très présents à l’international, qui travaillent avec des banques différentes selon les zones. » SwiftNet s’avère toutefois être une solution plus coûteuse qu’Ebics, et requiert une mise en place complexe, accompagnée d’une importante documentation juridique.

Internet bancaire

Pour des entreprises de taille plus modeste qui travaillent avec une ou deux banques, l’internet bancaire constitue une troisième option. C’est le choix qu’a opéré la société Devanlay, fabricant et distributeur mondial des vêtements et sacs Lacoste. Fin 2009, le groupe a lancé un vaste projet consistant à remplacer Etebac 3 pour la communication bancaire, à mettre à jour son logiciel de trésorerie et à se préparer au format européen Sepa. « Nous avons trouvé SwiftNet trop cher et, à l’époque, Ebics n’était pas encore tout à fait opérationnel, relate Emmanuel Pillet, trésorier du groupe. Comme plus de 95 % de nos flux en France sont réalisés avec notre banque principale, BNP Paribas, nous avons opté pour leur solution Connexis de 'online-banking', que nous avons branchée à notre nouveau logiciel de trésorerie, ETC. Vu qu’elle supportait à la fois les formats domestiques et internationaux, cette application nous a permis de migrer en douceur. » Connexis est aujourd’hui utilisé pour les flux entrants et sortants : relevés bancaires d’un côté, fichiers de paiement (virements, fichiers de salaires, etc.) de l’autre. Pour éviter de dépendre totalement d’une seule banque, Devanlay s’est également équipé de la plate-forme de communication multibancaire Fides, qui utilise le format universel MT940 de Swift. Au total, le projet de migration de trésorerie a duré neuf mois, dont quatre mois pour le volet communication bancaire. Les filiales du groupe Devanlay à l’international sont progressivement en train de s’équiper.

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